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Mardi 18 janvier : frénésie dans les prétoires

17 Jan

Demain, mardi 18 janvier, la Justice sera particulièrement sollicitée par les droits des homosexuels à travers deux affaires symboliques.

– Le Conseil constitutionnel devra statuer sur la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui lui a été soumise au mois de novembre sur la conformité des articles 75 et 144 du Code civil interdisant le mariage entre personnes de même sexe avec les droits et libertés garantis par la Constitution.

– La Cour d’assises du Val-de-Marne entame le jugement des quatre agresseurs de Bruno Wiel à Vitry-sur-Seine en 2006 et déterminera si l’homophobie était le motif de l’agression. Ce procès médiatique rappellera à chacun les pires excès de l’homophobie et la part de danger qui échoit à celui qui souhaite vivre librement sa sexualité en France.

La décision du Conseil constitutionnel ne donne malheureusement pas lieu à un suspens trop insoutenable. Contrairement aux fanfaronnades des idéologues homophobes qui aiment à dépeindre un groupe de pression tentaculaire au service de la cause homosexuelle, le lobby gay a encore une fois montré son inexistence ou en tout cas son extrême faiblesse. Pas de campagne médiatique. Le silence de celui qui se croit vaincu quoi qu’il arrive. Certes, le contexte politique et la composition plutôt encline au conservatisme du Conseil constitutionnel, ne laissait pas présager une décision explosive en faveur du mariage pour les couples de même sexe. Mais fallait-il pour autant laisser les français dans l’ignorance totale de cette procédure si emblématique en désertant les médias?

Selon toute vraisemblance, le Conseil constitutionnel appliquera la jurisprudence d’octobre 2010 lorsqu’il avait renvoyé la question de l’homoparentalité au législateur.

Après la décision, les homosexuels auront épuisé une bonne partie des ressources que leur offrait la procédure de question prioritaire de constitutionnalité pour faire valoir leur droit. En effet, il est impossible de réitérer une même QPC sur un même objet. Aujourd’hui, l’homoparentalité et le mariage gay ont déjà été amené devant le Conseil constitutionnel. La procédure pourra-t-elle être emprunté à nouveau? selon quelle modalité? et pour quel résultat? Ces questions se poseront dans les mois qui viennent en fonction des litiges qui se présenteront.

Le même mardi, s’ouvrira devant la Cour d’Assises du Val-de-Marne le procès des agresseurs présumés de Bruno Wiel en 2006. Cette affaire ressemble à bien des égards aux crimes commis par l’impitoyable Gang des Barbares à Bagneux. Pourtant, l’émotion semble moins forte dans l’opinion. Le mobile homophobe semble faire débat comme l’antisémitisme des complices de Youssouf Fofana il y a quelques mois.

La torture subit par Bruno Wiel rappelle aussi que – comme l’antisémitisme – l’homophobie pousse au crime. Elle n’est donc pas une idéologie acceptable et défendable au nom de la liberté d’opinion. Elle est une pathologie haineuse, dangereuse pour la société toute entière, qui se manifeste par des agissements criminels et qui doit être faire l’objet de condamnation extrêmement lourde et sévère par la justice, à la mesure de la violence inouïe qu’elle engendre.

L’humiliation est l’instrument principal de l’homophobe. C’est l’expression de son vice et de sa maladie. Il en connait toutes les nuances à l’exception de la sourdine. Elle l’habite. Il ne peut la contenir. L’humiliation lui donne le goût du dénigrement verbal, de l’insulte, de la menace…et puis, lorsqu’il n’en a pas assez avec les mots assassins que nous connaissons tous, lorsque rabaisser l’honneur ne lui suffit plus, lorsqu’il a besoin de flétrir le corps tout entier de sa victime, il torture. La torture est bien la forme ultime de l’humiliation. Utilisée depuis des siècles. Elle humilie car elle remue l’homme comme de la boue. L’étymologie de l’humiliation (humus = le sol, la terre) rappelle qu’il s’agit d’un processus d’écrasement : il faut faire descendre sa victime au niveau du sol. Il faut le transformer en terre poisseuse. La lecture dans les articles de presse des pratiques barbares endurées par Bruno Wiel vous feront clairement penser à un écrasement au sol. La motivation du crime n’est que désir d’humiliation. La condamnation à perpétuité, très rare, à l’image de celle requise contre Youssouf Fofana, ne devrait pas être écartée.

Cette affaire monstrueuse nous concerne tous. Que la Justice adopte une position forte à l’encontre des persécutions, pour que les gays ne soient plus des citoyens humiliés, voilà ce qu’on peut espérer du jugement qui s’ouvre demain.

 

Pour en savoir plus, le blog de SOS Homophobie, partie civile au procès :

http://blogs.tetu.com/journal-du-proces-bruno-weil/2011/01/17/pourquoi-sos-homophobie-se-porte-partie-civile-aux-cotes-de-bruno-wiel/