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Billet d’humeur d’un militant PS

7 Fév

Je vous conseille la lecture d’un billet d\’humeur d\’un militant socialiste publié sur le site de la section PS Sciences-Po/Jean Zay.

 

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Vieux vs. Jeunes/Gauche vs.Droite : le déplacement des clivages

19 Jan

Contrairement à mon habitude, je vous copie ici un article de Matthieu Verrier dans Le Parisien sur la question des clivages politiques et générationnels suscités par les droits des homosexuels et par l’euthanasie. La comparaison entre les deux sujets de société me parait très juste. Ils renvoient en effet au même code moral, hérité de la doctrine chrétienne, sur lequel notre société continue de se gréer. C’est une entreprise titanesque qu’opère la modernité : donner une nouvelle interprétation à ce code moral qui cimente la société, donner un nouveau sens sans changer ses grands principes . Je vous suggère de noter avec beaucoup d’espoir la déclaration-stratégie d’évitement de Najat Belkacem : « Nous mettrons Nicolas Sarkozy face à ses engagements non tenus« . Le PS parle du mariage gay au futur alors qu’il serait temps d’en parler au présent…

 

Euthanasie, mariage gay: Des nouveaux clivages?

Euthanasie, droits des homosexuels… Quelques voix à droite ou à gauche semblent faire sauter le clivage droite-gauche. A l’approche de la présidentielle, ces questions de société pourraient redessiner des lignes de division.

Les deux débats reviennent sur le devant de la scène politique. Le premier, sur le mariage homosexuel, est relancé par le biais du Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer le 28 janvier sur la constitutionnalité de son interdiction. Le second, l’euthanasie, revient par une proposition de loi adoptée en commission au Sénat et qui sera examinée le 25 janvier. Dans les deux cas, les clivages se redessinent. Le dernier texte émane en effet d’une initiative commune de plusieurs sénateurs, allant des communistes à un élu UMP.

Un sénateur UMP signe la proposition de loi sur la légalisation de l’euthanasie, un socialiste, et non des moindres, Robert Badinter, s’y est souvent opposé. A droite, des personnalités comme Nadine Morano, ont tenu aussi des positions libérales sur les questions de société. Le clivage est-il plus générationnel que politique? « Ce sont surtout les plus jeunes qui sont favorables à ces avancées. Ils sont aussi moins sous l’emprise de l’Eglise« , estime Jean-Luc Romero. Le président de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité a quitté les rangs de l’UMP et s’est rapproché du PS. Il voit des blocs non monolithiques, avec des libéraux à droite et des conservateurs à gauche.

Question de génération?

Chez Gaylib, Emmanuel Blanc livre la même analyse. Le président de ce mouvement gay de l’UMP déplore « une majorité des députés UMP complètement rétrogrades, réactionnaires, déconnectés« . Il y aurait un « nouveau combat des anciens contre les modernes« . Les partisans de ces questions de société espèrent que le débat s’ouvrira et pèsera dans la campagne présidentielle. Valérie Létard aussi, qui a voté pour le 1er article de la proposition de loi au Sénat. La sénatrice Nouveau centre a ainsi exprimé son « souhait qu’on aborde ces questions éminemment complexes« , a-t-elle expliqué au JDD.fr.

 

Mais dans cette perspective, le clivage gauche-droite pourrait réapparaître. « Le clivage générationnel, j’y crois de moins en moins« , souligne Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS aux questions de société. « Nous mettrons Nicolas Sarkozy face à ses engagements non tenus« , assure-t-elle, alors que le chef de l’Etat avait évoqué avant son élection la création d’une union civile pour les couples homosexuels. Les réticences de certains socialistes à aller plus loin après la mise en place du Pacs semblent appartenir au passé. La convention sur l’égalité réelle, adoptée en décembre dernier, a validé la proposition de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels. Le « droit à mourir dans la dignité » y est aussi inscrit. Contrairement à d’autres mesures, celles-ci n’ont pas créé de dissensions au moment de leur discussion.

« Vents contraires« 

La droite est généralement plus conservatrice, estimant que la législation actuelle convient. Le groupe UMP du Sénat a ainsi publié un communiqué pour dénoncer la proposition de loi sur l’euthanasie. « La campagne présidentielle va bloquer les choses« , prédit le député UMP André Wojciechowski. Il avait déposé une proposition de loi sur l’euthanasie et appelle à des évolutions sur les droits des homosexuels. « Le pape a mis du temps à accepter le préservatif, l’UMP ne doit pas mettre autant de temps à accepter des choses qui, de fait, existent« , plaide-t-il, exhortant ses collègues à sortir des ambiguïtés et de l’hypocrisie.

Si l’ambiguïté reflète « des vents contraires« , selon l’expression de Frédéric Dabi de l’Ifop, soufflant dans l’électorat de droite sur la question des droits des homosexuels, l’euthanasie efface dans l’opinion les divisions politiques et générationnels. « On est dans des choix personnels« , analyse le directeur du département Opinion de l’institut de sondages. La discrétion observée régulièrement par la droite pourrait alors se poursuivre, à moins que des initiatives de juges ou d’élus obligent les clivages à se découvrir.

Le Parisien, Matthieu Verrier, Mercredi 19 janvier 2011

Mardi 18 janvier : frénésie dans les prétoires

17 Jan

Demain, mardi 18 janvier, la Justice sera particulièrement sollicitée par les droits des homosexuels à travers deux affaires symboliques.

– Le Conseil constitutionnel devra statuer sur la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui lui a été soumise au mois de novembre sur la conformité des articles 75 et 144 du Code civil interdisant le mariage entre personnes de même sexe avec les droits et libertés garantis par la Constitution.

– La Cour d’assises du Val-de-Marne entame le jugement des quatre agresseurs de Bruno Wiel à Vitry-sur-Seine en 2006 et déterminera si l’homophobie était le motif de l’agression. Ce procès médiatique rappellera à chacun les pires excès de l’homophobie et la part de danger qui échoit à celui qui souhaite vivre librement sa sexualité en France.

La décision du Conseil constitutionnel ne donne malheureusement pas lieu à un suspens trop insoutenable. Contrairement aux fanfaronnades des idéologues homophobes qui aiment à dépeindre un groupe de pression tentaculaire au service de la cause homosexuelle, le lobby gay a encore une fois montré son inexistence ou en tout cas son extrême faiblesse. Pas de campagne médiatique. Le silence de celui qui se croit vaincu quoi qu’il arrive. Certes, le contexte politique et la composition plutôt encline au conservatisme du Conseil constitutionnel, ne laissait pas présager une décision explosive en faveur du mariage pour les couples de même sexe. Mais fallait-il pour autant laisser les français dans l’ignorance totale de cette procédure si emblématique en désertant les médias?

Selon toute vraisemblance, le Conseil constitutionnel appliquera la jurisprudence d’octobre 2010 lorsqu’il avait renvoyé la question de l’homoparentalité au législateur.

Après la décision, les homosexuels auront épuisé une bonne partie des ressources que leur offrait la procédure de question prioritaire de constitutionnalité pour faire valoir leur droit. En effet, il est impossible de réitérer une même QPC sur un même objet. Aujourd’hui, l’homoparentalité et le mariage gay ont déjà été amené devant le Conseil constitutionnel. La procédure pourra-t-elle être emprunté à nouveau? selon quelle modalité? et pour quel résultat? Ces questions se poseront dans les mois qui viennent en fonction des litiges qui se présenteront.

Le même mardi, s’ouvrira devant la Cour d’Assises du Val-de-Marne le procès des agresseurs présumés de Bruno Wiel en 2006. Cette affaire ressemble à bien des égards aux crimes commis par l’impitoyable Gang des Barbares à Bagneux. Pourtant, l’émotion semble moins forte dans l’opinion. Le mobile homophobe semble faire débat comme l’antisémitisme des complices de Youssouf Fofana il y a quelques mois.

La torture subit par Bruno Wiel rappelle aussi que – comme l’antisémitisme – l’homophobie pousse au crime. Elle n’est donc pas une idéologie acceptable et défendable au nom de la liberté d’opinion. Elle est une pathologie haineuse, dangereuse pour la société toute entière, qui se manifeste par des agissements criminels et qui doit être faire l’objet de condamnation extrêmement lourde et sévère par la justice, à la mesure de la violence inouïe qu’elle engendre.

L’humiliation est l’instrument principal de l’homophobe. C’est l’expression de son vice et de sa maladie. Il en connait toutes les nuances à l’exception de la sourdine. Elle l’habite. Il ne peut la contenir. L’humiliation lui donne le goût du dénigrement verbal, de l’insulte, de la menace…et puis, lorsqu’il n’en a pas assez avec les mots assassins que nous connaissons tous, lorsque rabaisser l’honneur ne lui suffit plus, lorsqu’il a besoin de flétrir le corps tout entier de sa victime, il torture. La torture est bien la forme ultime de l’humiliation. Utilisée depuis des siècles. Elle humilie car elle remue l’homme comme de la boue. L’étymologie de l’humiliation (humus = le sol, la terre) rappelle qu’il s’agit d’un processus d’écrasement : il faut faire descendre sa victime au niveau du sol. Il faut le transformer en terre poisseuse. La lecture dans les articles de presse des pratiques barbares endurées par Bruno Wiel vous feront clairement penser à un écrasement au sol. La motivation du crime n’est que désir d’humiliation. La condamnation à perpétuité, très rare, à l’image de celle requise contre Youssouf Fofana, ne devrait pas être écartée.

Cette affaire monstrueuse nous concerne tous. Que la Justice adopte une position forte à l’encontre des persécutions, pour que les gays ne soient plus des citoyens humiliés, voilà ce qu’on peut espérer du jugement qui s’ouvre demain.

 

Pour en savoir plus, le blog de SOS Homophobie, partie civile au procès :

http://blogs.tetu.com/journal-du-proces-bruno-weil/2011/01/17/pourquoi-sos-homophobie-se-porte-partie-civile-aux-cotes-de-bruno-wiel/

 

 

 

Ces rappeurs qui vous invitent à casser du pédé…

29 Nov

Avec le passage de Booba au Grand Journal de Canal+ la semaine dernière, on peut légitimement se demander pourquoi les médias continuent à donner une tribune au courant des rappeurs homophobes. « Business is business » comme ils disent…


Entre les rappeurs et les homosexuels, rien n’est gravé dans le marbre, tout dépend du porte-monnaie. Le rappeur blanc péroxydé Eminem -modèle marketing pour toute l’industrie du hip hop- qui faisait son fond de commerce des injures homophobes au début des années 2000, a  récemment déclaré au New York Times qu’il avait changé d’opinion : «Tout ce que j’ai dit, c’est ce que je ressentais certainement à l’époque. Mais je pense que je me suis calmé un peu. J’ai un regard plus mature sur les choses.» Et on a envie de se pincer en le lisant : «Si deux personnes s’aiment, quel est le problème? Je pense que tout le monde devrait avoir la chance d’être aussi malheureux que les autres.»

Pour ceux qui auraient loupé la vague Eminem, on donnera juste un échantillon de sa grande période, lorsqu’il appelait au massacre. Ainsi dans la chanson « Marshall Mathers »:

« New Kids on the Block, sucked a lot of dick. Boy/girl groups make me sick. And I can’t wait ’til I catch all you faggots in public. I’ma love it.. (hahaha). Plus I was put here to put fear in faggots who spray Faygo Root Beer and call themselves « Clowns » cause they look queer Faggot2Dope and Silent Gay. « Slim Anus, » you damn right, Slim Anus. I don’t get fucked in mine like you two little flaming faggots!

En français :

Les News Kids on the block ont sucé beaucoup de bites. Les groupes de garçon/fille me rendent malade. Et j’en peux plus d’attendre le jour où je pourrai tous vous tabassés en public, sales pédales. J’aime ça… (hahaha) Plus j’ai été mis au monde pour térrifier les pédales. Et ils se font appeler « les Clowns » parcequ’ils ressemblent à des tantouzes Faggot2Dope et Silencieux Gay. »Petit anus » vous avez raison , Petit anus. Je ne me fait pas baisé comme vous deux sale trainée

Eminem, nouvel ami des gays? Surprenant mais vrai. C’est en tout cas le genre de merveilles que permettent les stratégies de promotion de disques. Plus on aime de gens, et plus on vend. Eminem n’avait jamais véritablement négligé le public gay. On se souvient de ses photos très racoleuses réalisées par le roi du racolage David LaChapelle où le rappeur posait dans le plus simple appareil, le regard hystérique, jouant avec un bâton de dynamite phallique.

On est en droit de penser que le public visé par cette photo n’est pas le troupeau des fans de rap misogynes et homophobes, appartenant généralement aux classes populaires, clients peu rentables pour les maisons de disque.

Je vous laisse comparer cette stratégie marketing avec celle des autres rappeurs, notamment français, dont l’exhibitionnisme permanent ne semble pas toujours destiné aux jeunes filles…

Le mythe du corps masculin est finalement le patrimoine culturel commun des rappeurs et des artistes gays.

D’ailleurs, tout est possible dans le mélange gay et rap, les Etats-Unis ont maintenant leur marché de rap gay avec des artistes au talent contestable:

 

En France, les paroles des chansons de rap font régulièrement référence aux homosexuels qui sont considérés comme une menace. Selon ces chansons, la virilité masculine est une forteresse garante de la soumission de la gente féminine. Dans cette forteresse, il y a souvent une piscine où les femmes peuvent de baigner avant de se donner comme des esclaves à leurs bienfaiteurs armés jusqu’au dent, encore tout suant d’une course-poursuite avec les dragons de la police nationale. Le rap est finalement la forme la plus moderne de perpétuation de l’idéologie médiévale, sauf qu’au Moyen-âge, les femmes étaient plus libres, et les artistes étaient plus drôles et plus talentueux.

 

La plupart des gays se préoccupent peu des rappeurs. Pour une raison simple : ils n’écoutent pas de rap. Pourtant, les rappeurs sont devenus des faiseurs d’opinion qui disposent désormais de tribunes médiatiques à forte audience. La semaine dernière, Booba était célébré comme le poids lourd du Hip-Hop français par l’équipe du Grand Journal sur Canal +. Ali Baddou, dans son habituelle soumission intellectuelle, ne tarissait pas d’éloges tandis que Michel Denisot souriait comme un papi devant la jeunesse. A aucun moment, les propos homophobes de Booba n’ont été évoqué. Et pour cause, le rappeur avait pris ses précautions en soufflant le chaud et le froid depuis des années sur son rapport à l’homosexualité. Ses prises de position lui ont même valu d’être soupçonné d’homosexualité par les fans de rap sur Internet. Pour ces intégristes, gay = la teuhon, gay = dégueu, gay = à réprimer par lapidation. Et je cite un bloggeur évoquant le cas Booba : « il a joué sur la corde sensible d’un certain public qui aime se toucher en rêvant sur le degré de racaillerie d’un mec. » Bref, Booba, machine à vendre des disques, est capable de se faire détester à la fois par les gays et par les homophobes. Il en résulte un véritable galimatias.

On appréciera la maitrise de l’imagerie homosexuelle dans le répertoire de Booba :

Moins fins commerçants que Booba, les rappeurs français homophobes sont légions. Oreslan règne sur le marécage des blagues homophobes avec le soutien de Frédéric Lefebvre et de Frédéric Mitterrand qui allât même jusqu’à le comparer à Rimbaud en son temps (pitié!).

Sexion d’Assaut fait le buzz en parlant de l’homosexualité comme d’une « déviance » inacceptable et en se rétractant par la suite face aux blocus des collectivités refusant de les accueillir sur scène. Les membres du groupe de rap présentent leurs excuses en se dédouanant : ils ne connaissaient pas le sens du mot homophobie. Depuis, on leur a expliqué. Et peut-être se sont-ils rendus compte qu’ils étaient homophobes? Quand ils beuglent dans « On ta humilié » cet appel au meurtre des homos, est-ce qu’ils ne comprennent pas non plus ce qu’ils disent ?

Les paroles:

« Lointaine est l’époque où les homos se maquaient en scred.
Maintenant, se galochent en ville avec des sappes arc-en-ciel.
Mais vas-y bouge, vas-y bouge.
Toutes ces pratiques ne sont pas saines. (…)
Je crois qu’il est grand temps que les P.d périssent, coupe leur le pénis, laisse les morts, retrouvés sur le périphérique»

Boycotté par les radios musicales et par les cérémonies de remise de prix (MTV, NRJ, Victoires de la musique), le groupe continue de vendre des albums en surfant sur la polémique et la publicité accordée aux excuses publiques. Question : quand est-ce que les médias renverront ces groupes dans la marginalité? Quand est-ce que les maisons de disque arrêteront de se faire du blé avec ces minables? Est-ce que le rap français est condamné à l’obscurantisme?

 

La stratégie marketing coupe la tête au cliché homophobe de la dite sous-culture de banlieue (les ploucs quoi). La connerie s’auto-régule. Néanmoins, les dérives des groupes de rap reflètent de façon allégée un état d’esprit criminel et sanguinaire vis-à-vis des homosexuels dans certains quartiers névrosés (il suffit de lire les journaux des derniers mois relatant les persécutions subies par les gays dans ces zones). Loin de moi l’idée de remettre en cause leur liberté de dire ce qu’ils veulent : au risque de paraitre maso, je préfère presque certains artistes homophobes aux propos dérangeants, aux artistes gay-friendly  super-pouffiasses produisant des caricatures de l’homosexualité dans leurs clips afin de vendre des disques. Le problème ne vient pas des artistes mais de la misère intellectuelle qui règne dans les banlieues françaises.