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Et plus c’est rare et plus c’est chaud…

9 Nov

Un petit moment de plaisir en harmonie avec la météo nostalgique du jour.

Barbara n’est pas l’icône gay par excellence : répertoire traditionnel en plein dans la période disco, sobriété affichée… la preuve que la culture gay n’est pas monothéiste des supercochonnes à paillettes.

Née en 1930 et morte en 1997, considérée comme l’autre Jacques Brel, elle se distinguait par des textes ciselés et une mise en scène mélancolique à travers sa musique et son style « d’ange noir ».

Barbara s’est attirée la sympathie des homosexuels car elle savait sublimer son amour des hommes dans ses chansons.

Un titre magique à écouter par jour de pluie, blotti dans son canapé:

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Benoit, langue de vipère !

7 Nov

Le vieil extraterrestre a encore frappé aujourd’hui : « L’amour généreux et indissoluble d’un homme et d’une femme est le cadre efficace et le fondement de la vie humaine. »

En visite à Barcelone, Benoit XVI en a profité pour jeter à nouveau la pierre sur les homosexuels. Il n’a pas d’autres chats à fouetter. C’est son obsession (avec l’euthanasie et l’avortement, l’homosexualité c’est un peu l’infernale trinité qui, selon la Bible, va dévaster le joli petit monde de jésus où le petit zizi d’Adam va dans la petite foufoune d’Eve).

200 militants gays s’étaient rassemblés sur son passage à Barcelone pour un Kiss-in géant et hautement provocateur. Ce genre de manifestation manque souvent d’à propos (le kiss in devant Notre-Dame était vraiment gratuit contre les catholiques malgré le spectacle révélateur des intégristes réquisitionnés pour l’occasion), mais cette fois-ci, il y avait une vraie symbolique : face à une intolérance aussi vive du Vatican qui tape dès qu’il le peut, le mouvement gay s’exprime à sa manière, et tant pis pour le respect de la pudibonderie du vieil homme calomnieux !

Cet état d’esprit diabolique visant à faire des homosexuels des êtres entachés par le péché originel et contagieux (bah oui, le SIDA c’est la faute aux pédés bien entendu), se diffuse apparemment chez les fidèles les plus faibles psychologiquement. Je pense que les Kiss-in arrangés sur les parvis de cathédrale ne font qu’envenimer le débat même s’ils ont le mérite de faire sortir de leurs niches les chiens de garde du catholicisme : les intégristes. Des molosses qui s’appuient sur le discours vaporeux de Benoit XVI pour mener des actions criminelles.

Le Parti Socialiste portera-t-il les droits des homosexuels en 2012 ?

7 Nov

Avec la création du PACS à la fin des années 1990, le gouvernement socialiste de Lionel Jospin avait posé une première pierre pour la reconnaissance juridique du couple homosexuel. Dix ans plus tard, en pleine préparation du programme pour la présidentielle de 2012, le PS va-t-il reboiser le no man’s land des droits des gays en France?

La Convention sur l’égalité réelle qui fait suite à la Convention sur la politique extérieure, sera le moment d’aborder une thématique chère aux socialistes : l’égalité entre les citoyens. C’est un point sur lequel le PS devrait pouvoir se distinguer assez facilement de l’UMP pendant la campagne (surtout si les nouveaux tea party à la française font entendre leur voix et amènent le débat médiatique sur ce terrain). Contrairement à la prudence en demi-teinte de 2007, on espère que le PS pourra créer un boom progressiste lors de la campagne avec des propositions fracassantes.

L’accession à une reconnaissance juridique et sociale pour les homosexuels doit s’imposer comme une évidence et ne pas être évincée pour des raisons électoralistes. Le groupe Homosexualité et Socialisme (HES) a publié à la mi-octobre une contribution en vue de la Convention sur l’égalité réelle. Les adhérents de l’association se sont accordés sur vingt propositions dont vous pouvez retrouver le détail sur le site de HES:

  1. Nous lutterons contre les violences et les discriminations à l’école et à l’université.
  2. Nous lutterons contre les violences et les discriminations au travail.
  3. Nous lutterons contre les violences et les discriminations dans tous les territoires.
  4. Nous donnerons à la HALDE les moyens d’agir.
  5. Nous généraliserons les formations des professionnels aux réalités des familles LGBT.
  6. Nous lutterons contre les discriminations qui visent les personnes âgées LGBT.
  7. Nous reconnaîtrons le droit des personnes à déterminer leur genre.
  8. Nous garantirons aux personnes trans l’accès aux soins et le libre choix du médecin.
  9. Nous mènerons un combat permanent contre le VIH/Sida.
  10. Nous garantirons aux séropositifs l’accès aux traitements et à des soins de qualité.
  11. Nous lutterons contre la sérophobie.
  12. Nous n’exclurons plus les gays du don de sang.
  13. Nous perfectionnerons le pacs.
  14. Nous ouvrirons le mariage à tous les couples.
  15. Nous ne réserverons plus l’adoption aux hétérosexuels.
  16. Nous protégerons les liens qui unissent l’enfant et les adultes qui l’élèvent.
  17. Nous ouvrirons la procréation assistée à toutes les femmes, sans discrimination.
  18. Nous ouvrirons la procréation assistée à tous les parents de sexe différent.
  19. Nous encadrerons la gestation pour autrui.
  20. Nous reconnaîtrons aux personnes trans le droit de fonder une famille.

Voilà qui devrait servir de base de travail pour la préparation du texte de la Convention. La proposition n°3 est particulièrement importante puisqu’elle prend acte des inégalités territoriales : les quartiers sensibles, les zones rurales ou encore certains départements d’Outre-mer sont visés à cause de la pression homophobe qui y règne parfois.

En réalité, il y a deux types de mesures  : des mesures relativement consensuelles qui ne devraient pas permettre à la gauche de se distinguer face à la droite (lutte contre l’homophobie, combat contre le Sida) et des mesures réellement percutantes et progressistes (la 14 et la 15) qui lui permettraient de devenir la championne des droits gays face à l’UMP qui choisira à coup sûr le conservatisme ou le silence sur ces questions.

Les militants gays attendent un engagement ferme du Parti Socialiste. En 2007, on avait eu l’impression qu’une certaine gêne engourdissait le discours politique de la gauche. Bien qu’inscrits dans le programme PS, le mariage gay et l’homoparentalité n’avaient pas été un des fers de lance de la campagne. C’était peut-être un tort. Quand on propose un changement profond de la société en modifiant par la loi la conception séculaire de la structure familiale, il faut l’assumer pleinement. Il est temps d’arrêter de considérer les français comme des homophobes qui ne voudraient pas entendre parler de ces questions et pousser ainsi la droite dans ses retranchements conservateurs pour faire émerger sa désuétude.

La position des leaders du PS sur le mariage et l’adoption a évolué au cours des années 2000. Pendant les primaires de 2004, suivant un sondage qui indiquait que 64% des français étaient favorables au mariage gay, Dominique Strauss-Khan avait lancé un pavé dans la mare en se déclarant favorable au mariage homosexuel dans Libération. Lionel Jospin avait brutalement cassé cette dynamique, en déclarant dans le Journal du Dimanche : « «On peut réprouver et combattre l’homophobie tout en n’étant pas favorable au mariage homosexuel.» Ce positionnement de l’ancien Premier ministre avait même réjoui certains membres influents du PS comme le député de la Drôme Eric Besson fermement opposé au mariage et à l’adoption par des couples homosexuels (depuis cette époque, il a choisi un autre camp plus favorable à ces idées). Lionel Jospin avait aussi donné une caution à ceux qui se voulait plus discret sur la question : Guigou, Royal, Ayrault , Glavany, Lebranchu, Emmanuelli, … bref, tous les vieux de la vieille ! Pourtant, François Hollande, alors à la tête du PS, avait immédiatement confirmé Strauss-Khan, en espérant peut-être avancer une idée forte du PS à un moment où le gouvernement Raffarin trébuchait sur le sujet depuis l’annonce par Noël Mamère de la célébration d’un mariage entre personnes de même sexe dans sa mairie de Bègles.

Malgré ses réserves, pour se mettre sur la même ligne que ses concurrents, Ségolène Royal s’était déclarée en faveur du mariage homosexuel pendant les primaires tout en adoptant un discours à géométrie variable pendant la campagne de 2007. Le débat qui avait eu lieu entre les 3 candidats des primaires montrait que le monopole de la conviction revenait à Dominique Strauss-Kahn.

Une candidature de Strauss-Kahn serait-elle une opportunité positive pour l’avancée des droits gays? Certainement, sous réserve de cohérence par rapport à son positionnement en 2007.
Qu’en est-il des autres possibles candidatures ?

Martine Aubry porte, comme souvent, un discours beaucoup plus sincère et nuancé que les autres en avouant que malgré ses hésitations premières, elle est désormais une fervente supportrice du mariage et de l’adoption.

Benoit Hamon, bien qu’ayant étrangement participer à l’argumentaire FN dans l’affaire Frédéric Mitterrand, avait fait des propositions fortes au Congrès de Reims. Seule la motion qu’il soutenait, représentant l’aile gauche du Parti socialiste, prenait le temps de ne pas survoler le problème. Cela se traduisait, dans la forme, par un paragraphe spécifique intitulé «Lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle». Et sur le fond: «Le droit de chacun à vivre sa sexualité doit enfin devenir un droit fondamental dans une société moderne de liberté. Pour cela il faut commencer par lutter avec la plus grande fermeté contre les discriminations homophobes. Le pacs a constitué une avancée indéniable pour la reconnaissance officielle et les droits des gays et des lesbiennes. Il est temps aujourd’hui de le compléter par de nouveaux droits.» Pacs signé en mairie, égalité pour la retraite, la pension de réversion, veuvage, succession, imposition commune, titre de séjour pour les couples binationaux pacsés, lutte contre la transphobie, mariage, adoption et débat sur la procréation médicalement assistée: cette dernière motion semble décidément ne rien avoir oublié…

Quant au dilettante de l’Essonne Manuel Valls, on peine à lui attribuer un message audible sur la question…

Pour conclure, on aimerait qu’en 2012, le Parti Socialiste s’aligne sur son homologue espagnol et devienne le porte-parole qui nous manque pour défendre nos droits !

Quand un député UMP n’hésite pas à parler comme Himmler

4 Nov

Christian Vanneste, député UMP du Nord, est un homme sympathique qui s’est fait connaitre en diffusant des valeurs d’espoir d’une modernité inouïe : rétablissement de la peine de mort, reconnaissance de l’aspect positif de l’exploitation coloniale, traitement des homosexuels pour maladie mentale…

Alors que la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie vient de le désigner pour mener une mission d’information sur le Travail d’intérêt général, entérinant ainsi l’aura incompréhensible dont il jouit au sein de la majorité, il est bon de se repasser un petit best-of de ses interventions ultra-violentes contre les homosexuels et de les mettre en coïncidence avec l’extrait d’un discours prononcé par Heinrich Himmler, chef des SS et organisateur de la « solution finale » en 1937. Vous ferez vous-même le lien entre les deux argumentaires.

Voici donc la vidéo de Vanneste dans tout ses états, suivi du texte prononcé par Himmler :

« Si j’admets qu’il y a 1 à 2 millions d’homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou 10% des hommes sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. À long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel… Un peuple de race noble qui a très peu d’enfants possède un billet pour l’au-delà : il n’aura plus aucune importance dans cinquante ou cent ans, et dans deux cents ou cinq cents ans, il sera mort… L’homosexualité fait échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement; elle détruit l’État dans ses fondements. À cela s’ajoute le fait que l’homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique. Il est faible et se montre lâche dans tous les cas décisifs… Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l’Allemagne, la fin du monde germanique. » Discours du chef nazi Himmler sur l’homosexualité prononcé le 18 février 1937.

On souhaite que monsieur Vanneste n’aille pas aussi loin que les nazis dans sa haine des homosexuels. Mais on craint le pire depuis qu’il attise le cauchemar en plaidant dans les médias pour une alliance entre l’UMP et le Front national.

Peut-être qu’un homme qui imagine la société comme un modèle coercitif à l’exclusion de tous les autres, ne devrait pas se présenter comme « élu de la nation ». Jusqu’à quand les homophobes viendront-ils hanter les perchoirs des assemblées avec leur diatribe délirante? Jusqu’à quand les idéologues de la cruauté se prévaudront-ils de thèses pseudo-scientifiques glaciales et invivables pour réduire l’humanité des homosexuels?

Il y a des échos du passé qui font froid dans le dos…

Le gay : un bouc émissaire pour macho en péril.

4 Nov

Oh dolce vita ! Le Président du conseil italien, Silvio Berlusconi, est une nouvelle fois pointé du doigt pour ses frasques de septuagénaire libidineux. Et il se paie une visite au salon de la moto de Milan pour en parler.  Comment justifier son goût pour les soirées bimbo en réaffirmant sa virilité avec humour? Facile, on tape sur les gays.

On aimerait bien rire du ridicule de Silvio Berlusconi, ce vieillard lifté, mégalomane et obsédé par les tendrons en bikini, qui règne sur l’Italie dans un goût souvent assez douteux…

La famille Berlusconi se distingue par sa sobriété

Mais voilà, Silvio est un vrai mâle et quand il décide de visiter le salon de la moto, pour justifier sa pédérastie, il ne trouve pas mieux que d’en faire une preuve de bonne santé : non il n’est pas homosexuel (on s’en serait douter). Je cite :

« Comme toujours, je travaille sans arrêt et si de temps en temps, je peux regarder une jolie fille dans les yeux… mieux vaut aimer les jolies filles qu’être gay » (rire dans l’assistance)

Visite d’Hu Jintao en France : gay pride ou grosse honte?

4 Nov

Alors qu’il y a à peine 3 ans, les Jeux Olympiques de Pékin avaient suscité les saillies médiatiques de toutes les organisations de défense des droits de l’homme, il est remarquable que la visite d’Etat d’Hu Jintao en France cette semaine, ne fasse l’objet d’aucune véritable contestation.



Il semble qu’en quelques années, l’image de la Chine en France se soit particulièrement redorée. L’attribution du Prix Nobel de la Paix à un Liu Xiabo, condamné à onze ans de prison pour subversion, a rapidement été évacuée par les médias occidentaux, bien loin de l’émotion récurrente autour d’autres défenseurs des droits de l’homme comme Aung San Suu Kyi. Pire, on apprenait récemment que Nicolas Sarkozy n’avait même pas félicité le nouveau lauréat du Nobel. La diplomatie du chéquier, contraire aux engagements de campagne du candidat Sarkozy, vient supplanter encore une fois l’implication française dans la lutte pour les droits de l’homme.
Pourtant, les diplomates et les milieux économiques ne sont pas les seuls à participer à cette idéalisation de la dictature communiste. La Chine a mené une opération-séduction qui a marqué l’opinion depuis les Jeux Olympiques jusqu’à l’Exposition universelle de Shangaï. Les journalistes semblent les premiers à être tomber sous le charme et les articles dithyrambiques s’accumulent sous la plume des faiseurs d’opinion.
Lorsqu’on parle des droits de l’homme en Chine, on s’intéresse principalement à la violation des droits et des libertés politiques (pluralité des partis, liberté d’expression…) Qu’en est-il du droit des homosexuels dans un pays qui compterait environ 30 millions de gays selon les statistiques du China Daily (mais comment prendre au sérieux ce chiffre)?

Quelques lueurs dans l’obscurité sont à noter ces dernières années après une période de persécution qui assimilait les gays à des opposants politiques: en 1997, la sodomie est dépénalisée et en 2001, la nouvelle classification des désordres mentaux et de leur diagnostic supprime l’homosexualité sur la liste des maladies mentales. En 2009, la première Gay Pride a eu lieu à Shangaï en toute discrétion (500 personnes) : pas de marche dans la rue comme chez nous, mais des manifestations dans des clubs et cinémas de la ville. En janvier 2010, la première élection de Mister Gay China a été une avancée médiatique supplémentaire. Cette élection organisée à Pékin, a cependant intéressé davantage la presse étrangère que les médias locaux pour qui l’homosexualité reste un tabou. Au dernier moment, l’événement a été annulé par la police chinoise : l’élection d’un représentant chinois pour le concours de Mister gay World en Norvège posait un problème aux autorités. Au mois de juin 2010, la communauté gay de Pékin a essayé de dépasser cet échec en organisant sa propre gay pride : cette fois-ci l’accord de la police avait été soigneusement assuré par les organisateurs.


L’acceptation de l’homosexualité est encore un problème dans un pays conservateur et rural. Les crises de paranoïa des autorités seraient aussi à l’origine de rafles dans le milieu homosexuel. Cependant, des bars gays voient le jour dans les grandes villes. L’université de Shangaï a même proposé un cours sur l’homosexualité dans lequel un seul étudiant s’est officiellement inscrit bien que les salles de conférences étaient à chaque fois remplies : ce qui prouve bien une gène persistante, même dans le milieu étudiant, malgré un grand intérêt.
La sociologue Li Yinhe a même conçu un projet de loi pour le mariage gay mais n’a jamais trouvé les 30 députés nécessaires pour le mettre à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale populaire (le parlement chinois). Ce projet était prématuré mais manifeste tout de même l’intérêt croissant de la société pour l’homosexualité.