Archive | gay RSS feed for this section

Mardi 18 janvier : frénésie dans les prétoires

17 Jan

Demain, mardi 18 janvier, la Justice sera particulièrement sollicitée par les droits des homosexuels à travers deux affaires symboliques.

– Le Conseil constitutionnel devra statuer sur la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui lui a été soumise au mois de novembre sur la conformité des articles 75 et 144 du Code civil interdisant le mariage entre personnes de même sexe avec les droits et libertés garantis par la Constitution.

– La Cour d’assises du Val-de-Marne entame le jugement des quatre agresseurs de Bruno Wiel à Vitry-sur-Seine en 2006 et déterminera si l’homophobie était le motif de l’agression. Ce procès médiatique rappellera à chacun les pires excès de l’homophobie et la part de danger qui échoit à celui qui souhaite vivre librement sa sexualité en France.

La décision du Conseil constitutionnel ne donne malheureusement pas lieu à un suspens trop insoutenable. Contrairement aux fanfaronnades des idéologues homophobes qui aiment à dépeindre un groupe de pression tentaculaire au service de la cause homosexuelle, le lobby gay a encore une fois montré son inexistence ou en tout cas son extrême faiblesse. Pas de campagne médiatique. Le silence de celui qui se croit vaincu quoi qu’il arrive. Certes, le contexte politique et la composition plutôt encline au conservatisme du Conseil constitutionnel, ne laissait pas présager une décision explosive en faveur du mariage pour les couples de même sexe. Mais fallait-il pour autant laisser les français dans l’ignorance totale de cette procédure si emblématique en désertant les médias?

Selon toute vraisemblance, le Conseil constitutionnel appliquera la jurisprudence d’octobre 2010 lorsqu’il avait renvoyé la question de l’homoparentalité au législateur.

Après la décision, les homosexuels auront épuisé une bonne partie des ressources que leur offrait la procédure de question prioritaire de constitutionnalité pour faire valoir leur droit. En effet, il est impossible de réitérer une même QPC sur un même objet. Aujourd’hui, l’homoparentalité et le mariage gay ont déjà été amené devant le Conseil constitutionnel. La procédure pourra-t-elle être emprunté à nouveau? selon quelle modalité? et pour quel résultat? Ces questions se poseront dans les mois qui viennent en fonction des litiges qui se présenteront.

Le même mardi, s’ouvrira devant la Cour d’Assises du Val-de-Marne le procès des agresseurs présumés de Bruno Wiel en 2006. Cette affaire ressemble à bien des égards aux crimes commis par l’impitoyable Gang des Barbares à Bagneux. Pourtant, l’émotion semble moins forte dans l’opinion. Le mobile homophobe semble faire débat comme l’antisémitisme des complices de Youssouf Fofana il y a quelques mois.

La torture subit par Bruno Wiel rappelle aussi que – comme l’antisémitisme – l’homophobie pousse au crime. Elle n’est donc pas une idéologie acceptable et défendable au nom de la liberté d’opinion. Elle est une pathologie haineuse, dangereuse pour la société toute entière, qui se manifeste par des agissements criminels et qui doit être faire l’objet de condamnation extrêmement lourde et sévère par la justice, à la mesure de la violence inouïe qu’elle engendre.

L’humiliation est l’instrument principal de l’homophobe. C’est l’expression de son vice et de sa maladie. Il en connait toutes les nuances à l’exception de la sourdine. Elle l’habite. Il ne peut la contenir. L’humiliation lui donne le goût du dénigrement verbal, de l’insulte, de la menace…et puis, lorsqu’il n’en a pas assez avec les mots assassins que nous connaissons tous, lorsque rabaisser l’honneur ne lui suffit plus, lorsqu’il a besoin de flétrir le corps tout entier de sa victime, il torture. La torture est bien la forme ultime de l’humiliation. Utilisée depuis des siècles. Elle humilie car elle remue l’homme comme de la boue. L’étymologie de l’humiliation (humus = le sol, la terre) rappelle qu’il s’agit d’un processus d’écrasement : il faut faire descendre sa victime au niveau du sol. Il faut le transformer en terre poisseuse. La lecture dans les articles de presse des pratiques barbares endurées par Bruno Wiel vous feront clairement penser à un écrasement au sol. La motivation du crime n’est que désir d’humiliation. La condamnation à perpétuité, très rare, à l’image de celle requise contre Youssouf Fofana, ne devrait pas être écartée.

Cette affaire monstrueuse nous concerne tous. Que la Justice adopte une position forte à l’encontre des persécutions, pour que les gays ne soient plus des citoyens humiliés, voilà ce qu’on peut espérer du jugement qui s’ouvre demain.

 

Pour en savoir plus, le blog de SOS Homophobie, partie civile au procès :

http://blogs.tetu.com/journal-du-proces-bruno-weil/2011/01/17/pourquoi-sos-homophobie-se-porte-partie-civile-aux-cotes-de-bruno-wiel/

 

 

 

Publicités

Brûlons les gays, sauvons les oiseaux

12 Jan

Pour certaines religions éclairées, Dieu et le météo c’est un peu la même chose. Si bien que lorsqu’une catastrophe naturelle survient, on en cherche la cause dans la colère divine. Ce raisonnement archaïque qui conduisait les grecs de l’antiquité à faire des sacrifice au Dieu de la foudre, aurait dû disparaitre avec la découverte d’explications scientifiques aux phénomènes de la nature. Pourtant la théorie du bouc émissaire ne nous quitte jamais et désormais, ce sont les gays qui sont les nouvelles sorcières.

Lors du Tsunami, les responsables religieux avaient exhumé de leur délire mystique l’image d’une punition divine. Le Tsunami n’était rien d’autre qu’un châtiment contre le tourisme sexuel qui mine la Thaïlande depuis des années. L’ouragan Katrina avait aussi frappé la Nouvelle-Orléans à cause du carnaval qui s’y déroule et qui attire une forte fréquentation gay. Plus récemment la Philadelphia Church of God expliquait ainsi les inondations en Australie :

«Dieu a dit de cette nation rebelle qui accueille l’infâme défilé homosexuel de Mardi gras [à Sydney, ndlr.]: Leur vin est pire que celui de Sodome et des champs de Gomorrhe – à moi appartient la vengeance et la récompense car le jour de leur calamité est proche.»

Plus fort encore, Cindy Jacobs, une mégère illuminée incrimine les homosexuels et les rend responsable des mystérieuses chutes d’oiseaux aux E.U :

Allez Cindy, allons au bout du raisonnement, pourquoi ne pas bruler les homosexuels pour sauver les oiseaux ?

 

 

 

Sismondi Barlev Bidjocka, la révélation homophobe de l’année.

10 Jan

Le porte-parole de la jeunesse camerounaise, Sismondi Barlev Bidjocka critique la subvention accordée par l’Union européenne à la FCFA l’association d’Alice Nkom. Son désir : guérir « la gangrène de l’homosexualité. »

Sismondi Barlev Bidjock étonne. Voilà un homophobe tonitruant qui est capable d’écrire apologie et lettre affectueuse à un autre homme, Samuel Eto’o, footballeur sexy en diable.

 

Auteur de Samuel Eto’o, une légende au présent (quel titre ! voilà une plume qui sait doser ses effets), publié chez L’Harmattan, Sismondi Barlev Bidjock adressait ainsi à son héros une lettre pleine de minauderies infantiles :

LA LETTTRE QUE J’AI ENVOYEE A SAMUEL ETO’O A GAROUA

Mon très cher Samuel

En 2009, paraissait au éditions l’harmattan mon livre intitulé « Samuel Eto’o une légende au présent« . Cette initiative intervenait dans un contexte où ton image était des plus catastrophiques dans l’opinion publique nationale et internationale; et donc malgré ton talent, tes prouesses, tes exploits, la grande partie de cette opinion ne t’appréciait pas du tout. Pour certains, tu es orgueilleux, brutal, agressif, pas humble, et pour d’autres, tu manques d’éducation, et les médias occidentaux en profitaient justement pour te régler ton compte, en rajoutant une couche…

Dans un tel contexte, je me suis dis, voilà un garçon qui par son talent représente mon pays le Cameroun à l’image, et cette image est sur le moment trainée dans la boue. C’est surtout par patriotisme pour sauver cette image, que je me suis décidé d’écrire Samuel Eto’o une légende au présent, une biographie non autorisée qui se veut en tous points patriotique.

J’ai proposé dans un premier temps la rédaction de la préface à Son excellence Albert Roger Milla que j’ai rencontré avec l’aide de Bonny Philippe (à l’époque tu ne l’avais pas encore «boxé») mais Roger Milla nous a posé comme condition qu’on supprime le mot « légende » au titre. Nous sommes en 2006 au centre de tennis de l’hôtel de ville.

Je refuse et je propose la rédaction de la préface à Abega Théophile, l’ancien capitaine des Lions et ballon d’or africain qui accepte et contribue à redonner une autre dimension à ton image, et surtout au Cameroun que tu incarnes.

L’ouvrage est très apprécié par les lecteurs au Cameroun, en Afrique francophone et en France.

En Janvier 2010, au Hilton Hôtel à la veille de la CAN, lors d’une cérémonie PUB de Guinness, je te présente le livre et je t’offre 20 exemplaires à toi et à certains de tes coéquipiers. La presse est présente: Bouba Ngomna, Ernest Obama, Joseph Valérie Fotso (qui nous prend en photo) … et tout à ton euphorie tu annonces que tu offres 2500 exemplaires à tes fans, et tu me demandes de les distribuer et que nous règlerons plus tard (6.000 FCFA /l’ex). Nous nous séparons devant les ascenseurs.

Depuis j’essaye de rentrer dans mes frais en vain. Après la CAN qui s’est mal passée, on ne s’est pas revu, et à la veille de la coupe du monde tu m’as envoyé ton avocat qui m’a d’abord dit que c’était trop cher payé et que je devais réduire.

Après la coupe du Monde, tu me l’as de nouveau envoyé, et il est venu me dire que je n’avais pas l’autorisation d’écrire. (je précise qu’il s’agit d’une biographie non autorisée comme ça se fait partout en écriture) je précise qu’il ne s’agit pas de frais pour l’écriture, mais d’une commande. Je ne pouvais pas tout de même te demander de me signer des papiers ! Je t’ai fait confiance.

En septembre 2010, profitant de mon stage à l’école de journalisme de Lille en France, je me suis rendu à Milan où j’ai passé 48h et tu ne m’as pas reçu.

J’ai appelé un de tes proches à Paris, Essomé qui a promis de t’en parler et m’a demandé de le rappeler de passage à Paris.

Mais entre-temps il s’est passé quelque chose de terrible que je n’attendais pas de toi. Ton conseiller m’a dit au téléphone que tu ne veux pas parce que tu t’es rendu compte que je suis journaliste dans une Radio qui t’a toujours villipendé, trainé dans la boue, et que tu comptes me prouver ce que tu nous a toujours dit, à savoir que nous ne sommes que des minables que tu peux payer pendant des siècles. Je m’attendais à tout sauf à celle-là.

Et puisque nous n’avons pas signé de papier, je t’assure, je ne porterai pas plainte (même si j’en avais) ce serait renier tout le patriotisme que j’ai exprimé dans cet ouvrage. Je tire la Chasse.

J’ai écrit pour le Cameroun.

J’ai dépensé tout l’argent destiné à mon opération là-dessus et tu me fais dire que c’est parce que je travaille dans une radio qui t’a massacré !! J’aurai préféré que tu ne dises rien. C’est une humiliation pour moi, et Rien ne vaut qu’on humilie un Homme, rien. Même si tu me donnais aujourd’hui le triple, je ne l’accepterais pas, pour te montrer que ce n’est pas pour toi que je l’ai fait, mais par patriotisme pour mon pays, toute ma fierté de voir le drapeau du Cameroun sur tes épaules en mondovision après les finales de ligue des champions.

Sismondi Barlev BIDJOCKA
Journaliste,
Radio Tiemeni Siantou,
90.5 FM Yaoundé

Samuel Eto'o, très gay-friendly dans Vanity Fair, le deuxième en partant de la droite.

Dans cette lettre, on apprend que le fameux journaliste a effectué en septembre 2010 un stage à l’école de journalisme de Lille. Réputée comme une des meilleures de France, l’ESJ ne pourra que regretter d’avoir accueilli un tel individu. Voici le communiqué puant, publié en janvier 2011 par Sismondi Barlev Bidjock :

«  L’un des principes fondamentaux de la diplomatie consiste à respecter la loi du pays qui vous accrédite. En accordant un financement de deux cent millions de FCFA  à une association qui milite pour l’homosexualité, L’union européenne piétine de fait la souveraineté du Cameroun. L’union européenne vient  d’accorder un financement de 300.000 euros à l’association illégale de Madame Alice Nkom.  L’article 347 bis du code pénal Camerounais réprime depuis 1972 les actes d’homosexualité. Le gouvernement Camerounais peut-il se permettre de financer une association française qui fait la promotion du mariage polygamique en France.

L’association de Madame Alice Nkom qui défend les homosexuels au Cameroun exerce en toute illégalité, sous la connivence passive des autorités, pourtant la loi est claire.

L’UNION EUROPEENNE ET ELECAM

En pleine année électorale, ELECAM recevra deux millions d’euros de l’UE pour les élections, et le débat sur l’homosexualité qui ressurgit suscite des interrogations quant à une certaine influence lié au conditionnement homosexuel entre autre. Les autorités camerounaises devraient intercepter ces financements illégaux qui constituent de fait une ingérence gravissime dans la souveraineté du Cameroun. Contactée hier , la cellule de communication de la représentation diplomatique européenne à Yaoundé souligne que chez eux,  c’est une affaire de droit de l’homme ; mais seulement voilà , on n’est pas chez eux  au Cameroun, sauf si nous devenons déjà la cote d’ivoire de la « communauté internationale »

Je rappelle qu’en début d’année scolaire le rassemblement de la jeunesse Camerounaise a mené une campagne de sensibilisation dans les lycées et collèges contre la gangrène de l’homosexualité. »

© Correspondance : SISMONDI BARLEV BIDJOCKA, Journaliste, Porte-parole de la jeunesse Camerounaise

 

Alors que dans tous les pays d’émancipation, les droits des homosexuels ont été un combat mené par la jeunesse, il est déplorable d’imaginer que la pseudo-jeunesse camerounaise puisse se reconnaitre dans un tel discours. Le rédacteur oublie que le principe des droits de l’homme est justement d’effacer les particularités obscurantistes des pays pour fonder un ensemble de droits partagé par tous les êtres humains. Peut-être devrait-il connaitre le sens des concepts juridiques qu’il balance. Il est aussi incroyable de constater l’assimilation amère faite entre  l’Union européenne et la France. Là où il y a décision de l’UE, il y a forcément ingérence française. Quel raccourci haineux ! Autre assimilation délirante : l’homosexualité et la polygamie. Après tout, la soumission des femmes à un modèle qui diminue leurs droits, c’est quand même mieux qu’un couple homosexuel qui réclame d’exister.


Merci à l’Union européenne de soutenir cette association et de défendre les droits de ceux qui sont réduits au silence par une oppression haineuse et caricaturale. Quid de L’Harmattan, est ce qu’une maison d’édition peut se permettre de salir sa réputation pour une pauvre brochure délirante sur le football?


 

 


Ces rappeurs qui vous invitent à casser du pédé…

29 Nov

Avec le passage de Booba au Grand Journal de Canal+ la semaine dernière, on peut légitimement se demander pourquoi les médias continuent à donner une tribune au courant des rappeurs homophobes. « Business is business » comme ils disent…


Entre les rappeurs et les homosexuels, rien n’est gravé dans le marbre, tout dépend du porte-monnaie. Le rappeur blanc péroxydé Eminem -modèle marketing pour toute l’industrie du hip hop- qui faisait son fond de commerce des injures homophobes au début des années 2000, a  récemment déclaré au New York Times qu’il avait changé d’opinion : «Tout ce que j’ai dit, c’est ce que je ressentais certainement à l’époque. Mais je pense que je me suis calmé un peu. J’ai un regard plus mature sur les choses.» Et on a envie de se pincer en le lisant : «Si deux personnes s’aiment, quel est le problème? Je pense que tout le monde devrait avoir la chance d’être aussi malheureux que les autres.»

Pour ceux qui auraient loupé la vague Eminem, on donnera juste un échantillon de sa grande période, lorsqu’il appelait au massacre. Ainsi dans la chanson « Marshall Mathers »:

« New Kids on the Block, sucked a lot of dick. Boy/girl groups make me sick. And I can’t wait ’til I catch all you faggots in public. I’ma love it.. (hahaha). Plus I was put here to put fear in faggots who spray Faygo Root Beer and call themselves « Clowns » cause they look queer Faggot2Dope and Silent Gay. « Slim Anus, » you damn right, Slim Anus. I don’t get fucked in mine like you two little flaming faggots!

En français :

Les News Kids on the block ont sucé beaucoup de bites. Les groupes de garçon/fille me rendent malade. Et j’en peux plus d’attendre le jour où je pourrai tous vous tabassés en public, sales pédales. J’aime ça… (hahaha) Plus j’ai été mis au monde pour térrifier les pédales. Et ils se font appeler « les Clowns » parcequ’ils ressemblent à des tantouzes Faggot2Dope et Silencieux Gay. »Petit anus » vous avez raison , Petit anus. Je ne me fait pas baisé comme vous deux sale trainée

Eminem, nouvel ami des gays? Surprenant mais vrai. C’est en tout cas le genre de merveilles que permettent les stratégies de promotion de disques. Plus on aime de gens, et plus on vend. Eminem n’avait jamais véritablement négligé le public gay. On se souvient de ses photos très racoleuses réalisées par le roi du racolage David LaChapelle où le rappeur posait dans le plus simple appareil, le regard hystérique, jouant avec un bâton de dynamite phallique.

On est en droit de penser que le public visé par cette photo n’est pas le troupeau des fans de rap misogynes et homophobes, appartenant généralement aux classes populaires, clients peu rentables pour les maisons de disque.

Je vous laisse comparer cette stratégie marketing avec celle des autres rappeurs, notamment français, dont l’exhibitionnisme permanent ne semble pas toujours destiné aux jeunes filles…

Le mythe du corps masculin est finalement le patrimoine culturel commun des rappeurs et des artistes gays.

D’ailleurs, tout est possible dans le mélange gay et rap, les Etats-Unis ont maintenant leur marché de rap gay avec des artistes au talent contestable:

 

En France, les paroles des chansons de rap font régulièrement référence aux homosexuels qui sont considérés comme une menace. Selon ces chansons, la virilité masculine est une forteresse garante de la soumission de la gente féminine. Dans cette forteresse, il y a souvent une piscine où les femmes peuvent de baigner avant de se donner comme des esclaves à leurs bienfaiteurs armés jusqu’au dent, encore tout suant d’une course-poursuite avec les dragons de la police nationale. Le rap est finalement la forme la plus moderne de perpétuation de l’idéologie médiévale, sauf qu’au Moyen-âge, les femmes étaient plus libres, et les artistes étaient plus drôles et plus talentueux.

 

La plupart des gays se préoccupent peu des rappeurs. Pour une raison simple : ils n’écoutent pas de rap. Pourtant, les rappeurs sont devenus des faiseurs d’opinion qui disposent désormais de tribunes médiatiques à forte audience. La semaine dernière, Booba était célébré comme le poids lourd du Hip-Hop français par l’équipe du Grand Journal sur Canal +. Ali Baddou, dans son habituelle soumission intellectuelle, ne tarissait pas d’éloges tandis que Michel Denisot souriait comme un papi devant la jeunesse. A aucun moment, les propos homophobes de Booba n’ont été évoqué. Et pour cause, le rappeur avait pris ses précautions en soufflant le chaud et le froid depuis des années sur son rapport à l’homosexualité. Ses prises de position lui ont même valu d’être soupçonné d’homosexualité par les fans de rap sur Internet. Pour ces intégristes, gay = la teuhon, gay = dégueu, gay = à réprimer par lapidation. Et je cite un bloggeur évoquant le cas Booba : « il a joué sur la corde sensible d’un certain public qui aime se toucher en rêvant sur le degré de racaillerie d’un mec. » Bref, Booba, machine à vendre des disques, est capable de se faire détester à la fois par les gays et par les homophobes. Il en résulte un véritable galimatias.

On appréciera la maitrise de l’imagerie homosexuelle dans le répertoire de Booba :

Moins fins commerçants que Booba, les rappeurs français homophobes sont légions. Oreslan règne sur le marécage des blagues homophobes avec le soutien de Frédéric Lefebvre et de Frédéric Mitterrand qui allât même jusqu’à le comparer à Rimbaud en son temps (pitié!).

Sexion d’Assaut fait le buzz en parlant de l’homosexualité comme d’une « déviance » inacceptable et en se rétractant par la suite face aux blocus des collectivités refusant de les accueillir sur scène. Les membres du groupe de rap présentent leurs excuses en se dédouanant : ils ne connaissaient pas le sens du mot homophobie. Depuis, on leur a expliqué. Et peut-être se sont-ils rendus compte qu’ils étaient homophobes? Quand ils beuglent dans « On ta humilié » cet appel au meurtre des homos, est-ce qu’ils ne comprennent pas non plus ce qu’ils disent ?

Les paroles:

« Lointaine est l’époque où les homos se maquaient en scred.
Maintenant, se galochent en ville avec des sappes arc-en-ciel.
Mais vas-y bouge, vas-y bouge.
Toutes ces pratiques ne sont pas saines. (…)
Je crois qu’il est grand temps que les P.d périssent, coupe leur le pénis, laisse les morts, retrouvés sur le périphérique»

Boycotté par les radios musicales et par les cérémonies de remise de prix (MTV, NRJ, Victoires de la musique), le groupe continue de vendre des albums en surfant sur la polémique et la publicité accordée aux excuses publiques. Question : quand est-ce que les médias renverront ces groupes dans la marginalité? Quand est-ce que les maisons de disque arrêteront de se faire du blé avec ces minables? Est-ce que le rap français est condamné à l’obscurantisme?

 

La stratégie marketing coupe la tête au cliché homophobe de la dite sous-culture de banlieue (les ploucs quoi). La connerie s’auto-régule. Néanmoins, les dérives des groupes de rap reflètent de façon allégée un état d’esprit criminel et sanguinaire vis-à-vis des homosexuels dans certains quartiers névrosés (il suffit de lire les journaux des derniers mois relatant les persécutions subies par les gays dans ces zones). Loin de moi l’idée de remettre en cause leur liberté de dire ce qu’ils veulent : au risque de paraitre maso, je préfère presque certains artistes homophobes aux propos dérangeants, aux artistes gay-friendly  super-pouffiasses produisant des caricatures de l’homosexualité dans leurs clips afin de vendre des disques. Le problème ne vient pas des artistes mais de la misère intellectuelle qui règne dans les banlieues françaises.

 

 

Hervé Mariton, pro-Irak et anti-gay, représentant de la Nation.

18 Nov

On me dira que la guerre en Irak et le mariage homosexuel n’ont rien à voir entre eux. Et on imagine le genre de personne qui serait à la fois pro-guerre en Irak et anti-mariage gay… un extrémiste, un va-t’en-guerre, un gros macho sans aucun doute. Pourtant, celui dont je parle est un bonhomme au visage rond, assis à l’Assemblée nationale depuis 1993 au siège de député de la Drôme, sous l’étiquette UMP. Hervé Mariton n’a pas l’air méchant en apparence, mais il n’hésite pas à semer ici et là, tous les ans, quelques idées macabres dans le débat public. Et on espère qu’il ne mesure pas le nombre de victimes qu’il envoie à l’échafaud quand il prend la parole...

Hervé Mariton s’est fait remarqué ces dernières semaines en introduisant l’amendement qui donne un avantage fiscal aux jeunes mariés par rapport aux nouveaux pacsés dans le projet de loi de finances 2011. Vieille amertume de la droite sur le PACS jospiniste? Hervé Mariton s’est targué d’avoir introduit cet amendement non pas pour  détourner l’attention de sa calvitie naissante, mais pour  préserver « la solidité de la société. » La majorité UMP avait aligné les droits fiscaux des jeunes mariés et des pacsés en 2005. Puis, par politique d’austérité financière, le gouvernement actuel a proposé de supprimer tous ces avantages. C’est là qu’Hervé Mariton et quelques autres députés UMP sont intervenus pour défendre la niche fiscale réservée à la famille hétérosexuelle.

Après avoir fait voté l’amendement, Hervé Mariton est devenu la cible des bloggeurs gays sur le net. Il en a eu des sueurs froides sous ses petites lunettes. Sa langue de vipère n’a fait qu’un tour. Il a contacté le magazine Tétu (il ne faudrait pas qu’il soit surpris par ses électeurs à parler d’homosexualité dans Le Monde) pour s’expliquer. Son discours ferrailleur n’arrange rien. Il fait ressortir un profil original d’homophobe double-face : athée mais complice de l’Eglise-boulet-du-XXIème-siècle sur la défense de la famille traditionnelle (le lien avec l’Eglise est un cordon ombilical que les hommes politiques de droite ne veulent absolument pas rompre comme l’a montré la récente réunion Sarkozy-Benoît XVI  suite à l’expulsion massive des Roms). Voici les propos de Mariton dans Tétu :

« Je ne suis pas catholique, et pas aligné sur Benoît 16, mais il est vrai qu’il y a beaucoup d’affirmations de l’Eglise catholique, comme la doctrine de la famille comme fondement de la société, que je trouve très bien formulées. Je fais une distinction entre la famille et le couple, qui est libre et sur lequel je n’érige aucune norme. Un homme et une femme, lorsqu’ils ont des enfants, issus de la nature ou adoptés, font une famille. Les couples homosexuels, bien que légitimes, ne font pas famille de la même manière »

Il ne pensait tout de même pas se remettre les gays dans la poche après son attitude scandaleuse et discriminante à l’Assemblée nationale. Comment peut-on aller aussi loin dans l’intolérance qu’avec cette suppression de niche fiscale pour la « solidité de la société »? Cherche-t-on a bâtir un mur de dissuasion fiscale autour du PACS pour le marginaliser?


La question prioritaire continue son chemin…suspens

17 Nov

La Cour de cassation a validé la question prioritaire de constitutionnalité portant sur le mariage des personnes de même sexes. Le Conseil constitutionnel devra donc rendre une décision dans un délais de 3 mois. Que peut-on espérer?

 

D’après l’article du Monde, la Cour de cassation a saisi mardi 16 novembre le Conseil constitutionnel sur la question du mariage homosexuel, aujourd’hui interdit en France, au contraire d’une bonne partie des autres pays européens. Le 24 août, le tribunal de grande instance de Reims avait transmis à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité concernant les articles 75 et 144 du Code civil, qui interdisent le mariage entre personnes de même sexe. Cet instrument permet au justiciable français de contester la constitutionnalité d’une disposition législative lors d’une instance en cours, lorsqu’il estime que ce texte porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit.

Pour les demandeurs, les articles 75 et 144 sont effectivement anticonstitutionnels en ce qu’ils « limitent la liberté individuelle d’un citoyen français de contracter mariage avec une personne du même sexe ». Dans un arrêt rendu mardi, la première chambre civile de la Cour de cassation a estimé que cette question était « nouvelle » et « sérieuse », le mariage homosexuel faisant « aujourd’hui l’objet d’un large débat dans la société, en raison, notamment, de l’évolution des mœurs et de la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe dans les législations de plusieurs pays étrangers ».

« UNE TRÈS BONNE NOUVELLE »

Elle a donc décidé de saisir le Conseil constitutionnel, à qui il reviendra de trancher. « Cette décision de la Cour de cassation est une bonne nouvelle pour les trois millions de lesbiennes et de gays qui ne peuvent se marier », s’est réjouie l’avocate Caroline Mecary, qui a défendu de nombreux dossiers de ce type. « Bientôt peut-être, espère-t-elle, la France respectera le principe d’égalité de traitement, en ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, comme l’ont déjà fait près de huit pays européens. » Les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, la Norvège, la Suède, le Portugal, l’Islande, et le Royaume-Uni sont dans cette situation.

Le porte-parole de l’interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT), Nicolas Gougain, est tout aussi satisfait de l’arrêt. « Déjà saisi d’une question sur l’homoparentalité, le Conseil constitutionnel s’était déclaré incompétent et avait renvoyé le problème aux législateurs. Là, il va sans doute à nouveau renvoyer aux législateurs la responsabilité de définir ce qu’est un mariage », a déclaré M. Gougain, ajoutant que « pour nous, le vrai progrès sera le vote d’un texte législatif ».

En cas d’adoption, l’autorité parentale est réservée aux couples mariés, avait rappelé le 6 octobre le Conseil constitutionnel, mais en refusant de dire si l’exclusion de fait des couples homosexuels constituait « un traitement discriminatoire ». Le porte-parole de l’association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), Philippe Rollandin, estime que la décision de mardi de la Cour de cassation illustre « les tiraillements de la société réelle, qui constate l’évolution des mœurs et la société légale ». « Il y a peu de chance que le Conseil constitutionnel valide le mariage homosexuel, mais cette décision est un nouveau coup de boutoir contre la forteresse législative discriminant l’homosexualité », a dit M. Rollandin.

Saluant un « pas supplémentaire sur le chemin de l’égalité des droits », le Collectif contre l’homophobie estime aussi que cette décision « témoigne de l’actualité de cette revendication et du retard de la France » par rapport à ses voisins.

Actuellement la France interdit le mariage homosexuel, mais permet à deux personnes, quel que soit leur sexe, de contracter un pacte civil et de solidarité (PACS)

Rappelons que le Conseil constitutionnel avait déjà été interrogé sur l’adoption par les couples homosexuels cet été, et qu’il avait évité de dire NON en renvoyant la compétence sur le sujet au législateur. Peut-être s’en tiendra-t-il à nouveau à cette jurisprudence? (ce qui serait désastreux).

Quelle stratégie adopter face à cet évènement? Doit-on lancer le débat public? Une manifestation de soutien? Ou rester discret?

Une chose est sûre, les Sages du Conseil sont issus d’une génération qui n’est pas connu pour son grand attachement aux droits des homosexuels.

Les gays se font floués par le remaniement ministériel

14 Nov

Avis aux amateurs de chasse à l’homme. Il n’y aura pas de Terminator II : Christine Boutin ne revient pas au gouvernement. Cependant, après le remaniement du 14 novembre, les gays-friendly se font rares dans les ministères. Si le mouvement gay de l’UMP Gaylib’ a un peu de bon goût, il n’a sans doute pas apprécié le casting. Avec une droitisation marquée, les droits des homosexuels ne seront certainement pas au programme du nouveau gouvernement. Petit tour d’horizon.



Nadine Morano – la seule favorable au mariage gay (l’univers idéologique de Nadine Morano défie tout esprit de système je vous l’accorde) – est éloignée du Secrétariat d’Etat à la Famille : il paraît que ses positionnements médiatiques en faveur du droit des homosexuels ne plaisaient pas aux membres de la majorité. Tiens toi le pour dit, Nadine, il ne fait pas bon parler des gays à la télé.

Roselyne Bachelot – notre pro-PACS de la droite – obtient un ministère surgit des bisounours dont on peine à distinguer la mission pour l’instant. Grâce à sa proximité avec Fillon, elle reste au gouvernement malgré sa responsabilité médiatique dans l’affaire de la Grippe A.

Jeannette Bougrab – présidente langoureuse de la HALDE – a déclaré publiquement son soutien au mariage gay et à l’adoption par les couples homosexuels. Problème : son départ de la HALDE n’augure-t-il pas d’une tentative de dissolution de cette institution très protectrice pour les gays? (un projet en cours voudrait la fondre dans les prérogatives du Défenseur des droits).

Chantal Jouano est nommée ministre des sports. Lors de la passation de pouvoir avec Rama Yade, elle n’hésite pas à mettre la lutte contre l’homophobie au premier plan. « Derrière la question du sport, il y a aussi la question de l’homophobie » a-t-elle dit pour  rendre hommage à l’action de Rama Yade dans le domaine (personne n’était au courant mais si elle le dit…) Son soutien aux droits des homosexuels ne devrait pas beaucoup peser dans la politique du gouvernement surtout si elle continue à puiser ses looks dans Star Wars.

 

Frédéric Mitterrand est reconduit au Ministère de la Culture et de la Communication mais, bien qu’homosexuel, son engagement idéologique sur l’homosexualité est, comme souvent, proche du néant et de la compromission. Ne soyons pas trop exigeant : c’est déjà mieux que Christine Albanel, la coquille Saint-Jacques qui nous chie dessus avec le sourire :

Rama Yade et Hervé Morin -deux partisans du mariage- sont éjectés. La candidature potentielle d’Hervé Morin à l’élection présidentielle de 2012 sous l’étiquette Nouveau centre pourrait mettre le débat sur la place publique (mais il sera peut-être discret sur la question pour ne pas heurter la délicatesse intégriste de certains membres de son parti).

Quant aux autres, il est difficile de leur attribuer des propos clairs sur la question. On sait qu’Alain Juppé a favorisé la création des mouvement gays au sein de la droite. On sait que Nathalie Kosciusko-Morizet est plutôt gay-friendly. On sait que Valérie Pécresse est toute fière de la campagne anti-homophobie menée depuis son ministère des études supérieures (c’est le seul point dans la case positif de son bilan d’ailleurs).

Mais on sait aussi que Luc Châtel en tant que porte-parole du gouvernement et Ministre de l’Education nationale, avait été le premier à affirmer son désaccord avec la diffusion du dessin-animé « Le baiser de la Lune » en primaire, et qu’il avait déclaré en 2009 à l’issue d’un Conseil des ministres : « Je veux d’abord vous rappeler que le gouvernement a eu l’occasion de dire à plusieurs reprises – le président de la République lui-même s’est exprimé sur le sujet – que nous n’étions pas favorables à l’adoption d’enfants par les couples homosexuels« 

Avec un tel gouvernement, et avec un Garde des Sceaux, Michel Mercier, chevalier du Saint-Sépulcre, on peut s’attendre à un nouveau No Man’s land jusqu’en 2012 dans la conquête laborieuse et courageuse des droits des homosexuels.

 


 

21 octobre 2010 : Victoire de Briey, et mépris des médias.

14 Nov

Ce 21 octobre 2010, une décision du Tribunal de Briey (Meurthe-et-Moselle) a reconnu l’existence d’une « famille sociologique » et les droits du « parent social » à élever un enfant dont il n’est pas le parent biologique. Une nouvelle victoire dans la conquête des droits des familles homoparentales. Dans la presse, quelques bourdes qui révèlent un manque d’intérêt pour l’affaire : écrire sur les gays reviendrait-il à écrire sur les chiens écrasés?

Trois mois après le feu d’artifice du Tribunal d’Annecy, c’est du Nord de la France que la lueur est venue. Face au silence et au vide la loi sur le sujet, face à l’intolérance et au conservatisme du législateur, les juges ont commencé à retrousser leurs manches pour tenter de rétablir un équilibre juste entre parents hétérosexuels et parents homosexuels.

Aline et Fabienne avaient décidé d’avoir un enfant, elles avaient opté pour une insémination artificielle avec donneur en Belgique, elles avaient accueilli ensemble la naissance de Nathan en juin 2007. Mais voilà, la mère biologique est Fabienne. Et si lorsque le couple pacsé se sépare en 2008, les deux femmes décident à l’amiable d’une garde alternée, Fabienne revient sur sa décision en mars 2010 et retire sa garde à Aline.

« Aline, qui n’a pas de lien juridique avec l’enfant, n’a aucun droit : elle ne détient ni la filiation, ni l’autorité parentale. » (Le Monde, Mardi 9 novembre 2010).

Le tribunal de Briey vient d’accorder à Aline un droit de visite un weekend sur deux, un mercredi sur deux et la moitié des vacances scolaires en accédant à sa demande de verser une pension alimentaire de 100euros par mois pour l’entretien de Nathan. Pour montrer son engagement, Aline avait produit devant le Tribunal un dossier massif de pièces à conviction : faire-parts de naissance, photos de famille, surnoms affectueux….

Le Tribunal a déclaré dans une décision qui appartient désormais à la jurisprudence :

« Il s’est créé autour de l’enfant une famille sociologique dans le cadre de laquelle il a noué des rapports affectifs tant avec sa mère biologique qu’avec la compagne de celle-ci, que ce soit pendant la vie commune ou postérieurement, par la mises en oeuvre d’une résidence alternée. »

Encore une fois, on peut regretter que les médias traditionnels aient bâclé le sujet : leur indifférence va jusqu’à l’erreur. Alors que Le Monde indique sous la plume d’Anne Chemin que Nathan est né juin 2007 et que la décision de justice a été prise le 16 septembre 2010,  Le Parisien avance quant à lui la date du 11 juillet 2005 pour la naissance de Nathan et du 21 octobre 2010 pour la décision du Tribunal…


Benoit, langue de vipère !

7 Nov

Le vieil extraterrestre a encore frappé aujourd’hui : « L’amour généreux et indissoluble d’un homme et d’une femme est le cadre efficace et le fondement de la vie humaine. »

En visite à Barcelone, Benoit XVI en a profité pour jeter à nouveau la pierre sur les homosexuels. Il n’a pas d’autres chats à fouetter. C’est son obsession (avec l’euthanasie et l’avortement, l’homosexualité c’est un peu l’infernale trinité qui, selon la Bible, va dévaster le joli petit monde de jésus où le petit zizi d’Adam va dans la petite foufoune d’Eve).

200 militants gays s’étaient rassemblés sur son passage à Barcelone pour un Kiss-in géant et hautement provocateur. Ce genre de manifestation manque souvent d’à propos (le kiss in devant Notre-Dame était vraiment gratuit contre les catholiques malgré le spectacle révélateur des intégristes réquisitionnés pour l’occasion), mais cette fois-ci, il y avait une vraie symbolique : face à une intolérance aussi vive du Vatican qui tape dès qu’il le peut, le mouvement gay s’exprime à sa manière, et tant pis pour le respect de la pudibonderie du vieil homme calomnieux !

Cet état d’esprit diabolique visant à faire des homosexuels des êtres entachés par le péché originel et contagieux (bah oui, le SIDA c’est la faute aux pédés bien entendu), se diffuse apparemment chez les fidèles les plus faibles psychologiquement. Je pense que les Kiss-in arrangés sur les parvis de cathédrale ne font qu’envenimer le débat même s’ils ont le mérite de faire sortir de leurs niches les chiens de garde du catholicisme : les intégristes. Des molosses qui s’appuient sur le discours vaporeux de Benoit XVI pour mener des actions criminelles.

Le Parti Socialiste portera-t-il les droits des homosexuels en 2012 ?

7 Nov

Avec la création du PACS à la fin des années 1990, le gouvernement socialiste de Lionel Jospin avait posé une première pierre pour la reconnaissance juridique du couple homosexuel. Dix ans plus tard, en pleine préparation du programme pour la présidentielle de 2012, le PS va-t-il reboiser le no man’s land des droits des gays en France?

La Convention sur l’égalité réelle qui fait suite à la Convention sur la politique extérieure, sera le moment d’aborder une thématique chère aux socialistes : l’égalité entre les citoyens. C’est un point sur lequel le PS devrait pouvoir se distinguer assez facilement de l’UMP pendant la campagne (surtout si les nouveaux tea party à la française font entendre leur voix et amènent le débat médiatique sur ce terrain). Contrairement à la prudence en demi-teinte de 2007, on espère que le PS pourra créer un boom progressiste lors de la campagne avec des propositions fracassantes.

L’accession à une reconnaissance juridique et sociale pour les homosexuels doit s’imposer comme une évidence et ne pas être évincée pour des raisons électoralistes. Le groupe Homosexualité et Socialisme (HES) a publié à la mi-octobre une contribution en vue de la Convention sur l’égalité réelle. Les adhérents de l’association se sont accordés sur vingt propositions dont vous pouvez retrouver le détail sur le site de HES:

  1. Nous lutterons contre les violences et les discriminations à l’école et à l’université.
  2. Nous lutterons contre les violences et les discriminations au travail.
  3. Nous lutterons contre les violences et les discriminations dans tous les territoires.
  4. Nous donnerons à la HALDE les moyens d’agir.
  5. Nous généraliserons les formations des professionnels aux réalités des familles LGBT.
  6. Nous lutterons contre les discriminations qui visent les personnes âgées LGBT.
  7. Nous reconnaîtrons le droit des personnes à déterminer leur genre.
  8. Nous garantirons aux personnes trans l’accès aux soins et le libre choix du médecin.
  9. Nous mènerons un combat permanent contre le VIH/Sida.
  10. Nous garantirons aux séropositifs l’accès aux traitements et à des soins de qualité.
  11. Nous lutterons contre la sérophobie.
  12. Nous n’exclurons plus les gays du don de sang.
  13. Nous perfectionnerons le pacs.
  14. Nous ouvrirons le mariage à tous les couples.
  15. Nous ne réserverons plus l’adoption aux hétérosexuels.
  16. Nous protégerons les liens qui unissent l’enfant et les adultes qui l’élèvent.
  17. Nous ouvrirons la procréation assistée à toutes les femmes, sans discrimination.
  18. Nous ouvrirons la procréation assistée à tous les parents de sexe différent.
  19. Nous encadrerons la gestation pour autrui.
  20. Nous reconnaîtrons aux personnes trans le droit de fonder une famille.

Voilà qui devrait servir de base de travail pour la préparation du texte de la Convention. La proposition n°3 est particulièrement importante puisqu’elle prend acte des inégalités territoriales : les quartiers sensibles, les zones rurales ou encore certains départements d’Outre-mer sont visés à cause de la pression homophobe qui y règne parfois.

En réalité, il y a deux types de mesures  : des mesures relativement consensuelles qui ne devraient pas permettre à la gauche de se distinguer face à la droite (lutte contre l’homophobie, combat contre le Sida) et des mesures réellement percutantes et progressistes (la 14 et la 15) qui lui permettraient de devenir la championne des droits gays face à l’UMP qui choisira à coup sûr le conservatisme ou le silence sur ces questions.

Les militants gays attendent un engagement ferme du Parti Socialiste. En 2007, on avait eu l’impression qu’une certaine gêne engourdissait le discours politique de la gauche. Bien qu’inscrits dans le programme PS, le mariage gay et l’homoparentalité n’avaient pas été un des fers de lance de la campagne. C’était peut-être un tort. Quand on propose un changement profond de la société en modifiant par la loi la conception séculaire de la structure familiale, il faut l’assumer pleinement. Il est temps d’arrêter de considérer les français comme des homophobes qui ne voudraient pas entendre parler de ces questions et pousser ainsi la droite dans ses retranchements conservateurs pour faire émerger sa désuétude.

La position des leaders du PS sur le mariage et l’adoption a évolué au cours des années 2000. Pendant les primaires de 2004, suivant un sondage qui indiquait que 64% des français étaient favorables au mariage gay, Dominique Strauss-Khan avait lancé un pavé dans la mare en se déclarant favorable au mariage homosexuel dans Libération. Lionel Jospin avait brutalement cassé cette dynamique, en déclarant dans le Journal du Dimanche : « «On peut réprouver et combattre l’homophobie tout en n’étant pas favorable au mariage homosexuel.» Ce positionnement de l’ancien Premier ministre avait même réjoui certains membres influents du PS comme le député de la Drôme Eric Besson fermement opposé au mariage et à l’adoption par des couples homosexuels (depuis cette époque, il a choisi un autre camp plus favorable à ces idées). Lionel Jospin avait aussi donné une caution à ceux qui se voulait plus discret sur la question : Guigou, Royal, Ayrault , Glavany, Lebranchu, Emmanuelli, … bref, tous les vieux de la vieille ! Pourtant, François Hollande, alors à la tête du PS, avait immédiatement confirmé Strauss-Khan, en espérant peut-être avancer une idée forte du PS à un moment où le gouvernement Raffarin trébuchait sur le sujet depuis l’annonce par Noël Mamère de la célébration d’un mariage entre personnes de même sexe dans sa mairie de Bègles.

Malgré ses réserves, pour se mettre sur la même ligne que ses concurrents, Ségolène Royal s’était déclarée en faveur du mariage homosexuel pendant les primaires tout en adoptant un discours à géométrie variable pendant la campagne de 2007. Le débat qui avait eu lieu entre les 3 candidats des primaires montrait que le monopole de la conviction revenait à Dominique Strauss-Kahn.

Une candidature de Strauss-Kahn serait-elle une opportunité positive pour l’avancée des droits gays? Certainement, sous réserve de cohérence par rapport à son positionnement en 2007.
Qu’en est-il des autres possibles candidatures ?

Martine Aubry porte, comme souvent, un discours beaucoup plus sincère et nuancé que les autres en avouant que malgré ses hésitations premières, elle est désormais une fervente supportrice du mariage et de l’adoption.

Benoit Hamon, bien qu’ayant étrangement participer à l’argumentaire FN dans l’affaire Frédéric Mitterrand, avait fait des propositions fortes au Congrès de Reims. Seule la motion qu’il soutenait, représentant l’aile gauche du Parti socialiste, prenait le temps de ne pas survoler le problème. Cela se traduisait, dans la forme, par un paragraphe spécifique intitulé «Lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle». Et sur le fond: «Le droit de chacun à vivre sa sexualité doit enfin devenir un droit fondamental dans une société moderne de liberté. Pour cela il faut commencer par lutter avec la plus grande fermeté contre les discriminations homophobes. Le pacs a constitué une avancée indéniable pour la reconnaissance officielle et les droits des gays et des lesbiennes. Il est temps aujourd’hui de le compléter par de nouveaux droits.» Pacs signé en mairie, égalité pour la retraite, la pension de réversion, veuvage, succession, imposition commune, titre de séjour pour les couples binationaux pacsés, lutte contre la transphobie, mariage, adoption et débat sur la procréation médicalement assistée: cette dernière motion semble décidément ne rien avoir oublié…

Quant au dilettante de l’Essonne Manuel Valls, on peine à lui attribuer un message audible sur la question…

Pour conclure, on aimerait qu’en 2012, le Parti Socialiste s’aligne sur son homologue espagnol et devienne le porte-parole qui nous manque pour défendre nos droits !