Sismondi Barlev Bidjocka, la révélation homophobe de l’année.

10 Jan

Le porte-parole de la jeunesse camerounaise, Sismondi Barlev Bidjocka critique la subvention accordée par l’Union européenne à la FCFA l’association d’Alice Nkom. Son désir : guérir « la gangrène de l’homosexualité. »

Sismondi Barlev Bidjock étonne. Voilà un homophobe tonitruant qui est capable d’écrire apologie et lettre affectueuse à un autre homme, Samuel Eto’o, footballeur sexy en diable.

 

Auteur de Samuel Eto’o, une légende au présent (quel titre ! voilà une plume qui sait doser ses effets), publié chez L’Harmattan, Sismondi Barlev Bidjock adressait ainsi à son héros une lettre pleine de minauderies infantiles :

LA LETTTRE QUE J’AI ENVOYEE A SAMUEL ETO’O A GAROUA

Mon très cher Samuel

En 2009, paraissait au éditions l’harmattan mon livre intitulé « Samuel Eto’o une légende au présent« . Cette initiative intervenait dans un contexte où ton image était des plus catastrophiques dans l’opinion publique nationale et internationale; et donc malgré ton talent, tes prouesses, tes exploits, la grande partie de cette opinion ne t’appréciait pas du tout. Pour certains, tu es orgueilleux, brutal, agressif, pas humble, et pour d’autres, tu manques d’éducation, et les médias occidentaux en profitaient justement pour te régler ton compte, en rajoutant une couche…

Dans un tel contexte, je me suis dis, voilà un garçon qui par son talent représente mon pays le Cameroun à l’image, et cette image est sur le moment trainée dans la boue. C’est surtout par patriotisme pour sauver cette image, que je me suis décidé d’écrire Samuel Eto’o une légende au présent, une biographie non autorisée qui se veut en tous points patriotique.

J’ai proposé dans un premier temps la rédaction de la préface à Son excellence Albert Roger Milla que j’ai rencontré avec l’aide de Bonny Philippe (à l’époque tu ne l’avais pas encore «boxé») mais Roger Milla nous a posé comme condition qu’on supprime le mot « légende » au titre. Nous sommes en 2006 au centre de tennis de l’hôtel de ville.

Je refuse et je propose la rédaction de la préface à Abega Théophile, l’ancien capitaine des Lions et ballon d’or africain qui accepte et contribue à redonner une autre dimension à ton image, et surtout au Cameroun que tu incarnes.

L’ouvrage est très apprécié par les lecteurs au Cameroun, en Afrique francophone et en France.

En Janvier 2010, au Hilton Hôtel à la veille de la CAN, lors d’une cérémonie PUB de Guinness, je te présente le livre et je t’offre 20 exemplaires à toi et à certains de tes coéquipiers. La presse est présente: Bouba Ngomna, Ernest Obama, Joseph Valérie Fotso (qui nous prend en photo) … et tout à ton euphorie tu annonces que tu offres 2500 exemplaires à tes fans, et tu me demandes de les distribuer et que nous règlerons plus tard (6.000 FCFA /l’ex). Nous nous séparons devant les ascenseurs.

Depuis j’essaye de rentrer dans mes frais en vain. Après la CAN qui s’est mal passée, on ne s’est pas revu, et à la veille de la coupe du monde tu m’as envoyé ton avocat qui m’a d’abord dit que c’était trop cher payé et que je devais réduire.

Après la coupe du Monde, tu me l’as de nouveau envoyé, et il est venu me dire que je n’avais pas l’autorisation d’écrire. (je précise qu’il s’agit d’une biographie non autorisée comme ça se fait partout en écriture) je précise qu’il ne s’agit pas de frais pour l’écriture, mais d’une commande. Je ne pouvais pas tout de même te demander de me signer des papiers ! Je t’ai fait confiance.

En septembre 2010, profitant de mon stage à l’école de journalisme de Lille en France, je me suis rendu à Milan où j’ai passé 48h et tu ne m’as pas reçu.

J’ai appelé un de tes proches à Paris, Essomé qui a promis de t’en parler et m’a demandé de le rappeler de passage à Paris.

Mais entre-temps il s’est passé quelque chose de terrible que je n’attendais pas de toi. Ton conseiller m’a dit au téléphone que tu ne veux pas parce que tu t’es rendu compte que je suis journaliste dans une Radio qui t’a toujours villipendé, trainé dans la boue, et que tu comptes me prouver ce que tu nous a toujours dit, à savoir que nous ne sommes que des minables que tu peux payer pendant des siècles. Je m’attendais à tout sauf à celle-là.

Et puisque nous n’avons pas signé de papier, je t’assure, je ne porterai pas plainte (même si j’en avais) ce serait renier tout le patriotisme que j’ai exprimé dans cet ouvrage. Je tire la Chasse.

J’ai écrit pour le Cameroun.

J’ai dépensé tout l’argent destiné à mon opération là-dessus et tu me fais dire que c’est parce que je travaille dans une radio qui t’a massacré !! J’aurai préféré que tu ne dises rien. C’est une humiliation pour moi, et Rien ne vaut qu’on humilie un Homme, rien. Même si tu me donnais aujourd’hui le triple, je ne l’accepterais pas, pour te montrer que ce n’est pas pour toi que je l’ai fait, mais par patriotisme pour mon pays, toute ma fierté de voir le drapeau du Cameroun sur tes épaules en mondovision après les finales de ligue des champions.

Sismondi Barlev BIDJOCKA
Journaliste,
Radio Tiemeni Siantou,
90.5 FM Yaoundé

Samuel Eto'o, très gay-friendly dans Vanity Fair, le deuxième en partant de la droite.

Dans cette lettre, on apprend que le fameux journaliste a effectué en septembre 2010 un stage à l’école de journalisme de Lille. Réputée comme une des meilleures de France, l’ESJ ne pourra que regretter d’avoir accueilli un tel individu. Voici le communiqué puant, publié en janvier 2011 par Sismondi Barlev Bidjock :

«  L’un des principes fondamentaux de la diplomatie consiste à respecter la loi du pays qui vous accrédite. En accordant un financement de deux cent millions de FCFA  à une association qui milite pour l’homosexualité, L’union européenne piétine de fait la souveraineté du Cameroun. L’union européenne vient  d’accorder un financement de 300.000 euros à l’association illégale de Madame Alice Nkom.  L’article 347 bis du code pénal Camerounais réprime depuis 1972 les actes d’homosexualité. Le gouvernement Camerounais peut-il se permettre de financer une association française qui fait la promotion du mariage polygamique en France.

L’association de Madame Alice Nkom qui défend les homosexuels au Cameroun exerce en toute illégalité, sous la connivence passive des autorités, pourtant la loi est claire.

L’UNION EUROPEENNE ET ELECAM

En pleine année électorale, ELECAM recevra deux millions d’euros de l’UE pour les élections, et le débat sur l’homosexualité qui ressurgit suscite des interrogations quant à une certaine influence lié au conditionnement homosexuel entre autre. Les autorités camerounaises devraient intercepter ces financements illégaux qui constituent de fait une ingérence gravissime dans la souveraineté du Cameroun. Contactée hier , la cellule de communication de la représentation diplomatique européenne à Yaoundé souligne que chez eux,  c’est une affaire de droit de l’homme ; mais seulement voilà , on n’est pas chez eux  au Cameroun, sauf si nous devenons déjà la cote d’ivoire de la « communauté internationale »

Je rappelle qu’en début d’année scolaire le rassemblement de la jeunesse Camerounaise a mené une campagne de sensibilisation dans les lycées et collèges contre la gangrène de l’homosexualité. »

© Correspondance : SISMONDI BARLEV BIDJOCKA, Journaliste, Porte-parole de la jeunesse Camerounaise

 

Alors que dans tous les pays d’émancipation, les droits des homosexuels ont été un combat mené par la jeunesse, il est déplorable d’imaginer que la pseudo-jeunesse camerounaise puisse se reconnaitre dans un tel discours. Le rédacteur oublie que le principe des droits de l’homme est justement d’effacer les particularités obscurantistes des pays pour fonder un ensemble de droits partagé par tous les êtres humains. Peut-être devrait-il connaitre le sens des concepts juridiques qu’il balance. Il est aussi incroyable de constater l’assimilation amère faite entre  l’Union européenne et la France. Là où il y a décision de l’UE, il y a forcément ingérence française. Quel raccourci haineux ! Autre assimilation délirante : l’homosexualité et la polygamie. Après tout, la soumission des femmes à un modèle qui diminue leurs droits, c’est quand même mieux qu’un couple homosexuel qui réclame d’exister.


Merci à l’Union européenne de soutenir cette association et de défendre les droits de ceux qui sont réduits au silence par une oppression haineuse et caricaturale. Quid de L’Harmattan, est ce qu’une maison d’édition peut se permettre de salir sa réputation pour une pauvre brochure délirante sur le football?


 

 


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8 Réponses to “Sismondi Barlev Bidjocka, la révélation homophobe de l’année.”

  1. katchoo86 janvier 10, 2011 à 11:37 #

    Bonne année ! Toujours aussi contente de pouvoir lire tes billets, je vois que tu n’a pas perdu de ta verve, ça fait plaisir surtout que ça faisait un petit moment que tu n’avais pas montré signe de vie !

  2. sismondi barlev bidjocka janvier 28, 2011 à 5:41 #

    Eto’o est peut être sexy mais pas pédé!
    je remarque aujourd’hui que même votre FRANCE hésite à légaliser la mariage homosexuel et vous voulez apporter ce satanisme au Cameroun, je m’y opposerai farouchement…Il ne sert à rien de demander que nos blog hébergés en France soient fermés.Nous avons des hébergeurs locaux et ça marche très bien. NON A L’HOMOSEXUALITE AU CAMEROUN.
    Nous ne disons pas de ne pas vivre votre machin, mais allez le faire ailleurs

  3. SISMONDI janvier 29, 2011 à 9:18 #

    la France elle même tolère à peine l’homosexualité et rejete le mariage des pédés, et vous voulez que notre culture au Cameroun acceuil cette diablerie ?

  4. SISMONDI janvier 29, 2011 à 9:20 #

    Nous sommes culturelement, sociologiquement et politiquement homophohe, nous ne voulons pas de ça, comme votre conseil constitutionnel ne veut pas du mariage homo.
    Nous sommes homophobe, nous ne voulons pas des homos chez nous.Qu’ils restent en FRANCE

    • homosexuelle mars 30, 2012 à 8:28 #

      qui es nous? hein? mais je rêve t’es même pas capable de faire une mobilisation de 54 personnes mais ton nous c’est qui? mal éduqué que tu sois menteur et super menteur quel journaliste?

  5. SISMONDI janvier 29, 2011 à 9:21 #

    Je comprends que quand on est tellement engagé dans un sujet comme vous semblez l’être, il arrive souvent que l’on ait une lecture biaisée et donc une interprétation approximative des contributions contradictoires.

    1- De la pratique politico-mystique : essai d’explication

    Revenons sur ce que j’appelle pratiques politico mystique et que vous affublez du doux euphémisme du droit de cuissage. Je tiens d’abord à dire qu’il soit de nature homosexuelle ou hétérosexuelle, tout droit de cuissage est abject. Ile st surtout le symbole d’une lâcheté , d’une impuissance et d’une incapacité à séduire l’autre. Il peut aussi représenter dans le contexte homosexuel un détournement de l’orientation. Ici la faute est double non seulement la personne est violée dans sa chaire et son esprit, elle se sent carrément pervertie. Elle est alors intégrée pour la première fois dans une pratique qu’elle n’a jamais eu et qu’elle honnie. Mais pourquoi parler de mystique? Il est de notoriété publique qu’au Cameroun, certains ordre ésotérique intègrent la pratique de l’homosexualité comme rite de transfert d’énergie. Vous pourrez poser la question autour de vous si vous avez des connaissances dans la franc maçonnerie. Je me doute bien que le secret faisant partie de leurs mécanismes favoris de mystification, ils ne vous le révéleront certainement pas. Il s’agit en fait des gens qui pratiquent l’hétérosexualité avec femmes et enfants et qui pour accroître leur pouvoir se livre à des pratiques décrites plus hauts. Jusqu’ici comme il le font dans les cercles fermés, entre adultes consentants, cela reste leur problème même si l’honnêteté intellectuel voudrait que ceux qui pratiques l’homosexualité comme orientation sexuelle dénoncent vigoureusement de telles dérives. Le pire je le répète est que de nombreuses personnes ont été contraintes dans ces fameux droits de cuissage à se pervertir. Avoir une ambition professionnelle est légitime pour tous. Pourquoi faudrait-il que certains soient contraints pour assouvir cette ambition légitime de subir l’orientation des autres? C’est fort de ce questionnement que j’affirme que le financement reçu par maitre Nkom devrait aussi servir à soutenir qui sont les victimes de l’homosexualité des autres. Dans les rangs de ceux que je viens de décrire aussi, il y a des suicides et des dépressions qui ne sont pas moins graves. Faire une étude de terrain à Yaoundé sur la question, vous entendrez des histoires d’horreur. Parlant de pédophilie, savez-vous que la plupart des enfants de la rue qui hante les ruelle de la capitale ont chacun leurs sponsors? Ces derniers profitant du fait que les enfants sont affamés, viennent les récupérer souvent les soirs pour les pervertir grâce à une bouchée de pain? Sortez de vos bureaux climatisés et descendez dans les rues pour vous en rendre compte. Ai-je ajouter l’accroissement de la prostitution masculine dans les villes?

    2-) De la dérive sociale : Détails et nuances

    Quant au deuxième volet de mon intervention, vous ignorez la grosse nuance que j’apporte dans mon propos qui consiste à séparer l’être et l’action. Jamais dans mon expression vous m’avez entendu dire d’une personne qu’elle est homosexuelle mais bien qu’elle pratique l’homosexualité. J’affirme que l’on peut et doit accepter la personne mais permettez nous de rejeter son acte. Cette attitude est celle que l’on a toujours eu face aux dérives comportementales. Mais l’amalgame qui est faite arrange bien ceux qui font la promotion de cette pratique parce qu’il leur permet d’avoir leur position favorite, celle de victime et surtout d’utiliser des arguties comme les droits de l’homme. Je répète que l’on peut très bien pratiquer l’homosexualité et être un très bon avocat, un très bon professeur, un très bon activiste, un même un très bon citoyen tout court. C’est pourquoi au nom de la justice, je serai prêt à descendre dans la rue avec vous et d’autres pour défendre toute personne ayant perdu son emploi parce qu’elle pratique l’homosexualité. Je disais hier qu’il ne s’agit que d’une forme de sexualité. Certes perverses mais juste une forme de sexualité. La sexualité elle-même étant juste une fonction parmi les multiples fonction des humains. D’ou vient-il que l’on définisse un humain uniquement en fonction d’une seule de ses fonctions? Vous savez (ou peut-être pas) que même l’hétérosexualité a plusieurs formes de pratiques, je n’ai jamais entendu désigné ceux qui pratique l’hétérosexualité comme étant des fellationneurs ou d’autres noms reliés aux positions du kama sutra.
    Il se trouve que j’ai étudié les méthodes de communication des groupes et autres lobby de l’homosexualité. Ils ont construit de toutes pièces une identité à travers une stratégie communicationnelle qui est je dois l’avouer exceptionnelle : Ils se sont accaparés de certains symboles comme le drapeau de la paix, comme le mots gais. Ils ont instrumentaliser els expressions pour accroître la culpabilité de ceux qui les conteste. On a ainsi créer et donner un contenu aux expressions comme homophobie donc le pendant contraire est la tolérance. Ce qui est un en soi une manipulation d’esprit. D’autres contingences de l’historie comme de nombreux suicides et les division sur cette question dans les familles ont fini par assoir une identité qui n’en est pas une.
    Se concentrer sur la victimisation nous évite de parler de l’acte et de ses conséquences néfastes tant sur le plan psychologique et physiologique. C’est en cela que les pratiques communicationnelles des lobbies homosexuels sont simplement édifiants en termes d’efficacité.

    3-) De la position de l’Afrique : Éclaircissements

    Je ne parle pas pour l’Afrique, je n’en ai pas la qualité en son nom. Mais la question demeure en cette situation de mondialisation. Devons nous copier aveuglement les autres dans les pratique et mœurs? L’autre question sous-jacentes, existent-ils des valeurs universelle? Si oui lesquelles? Et L’homosexualité en fait-elle partie? Il est du droit de chaque peu de bâtir son vivre ensemble de la manière qui lui sied la mieux. Nous pouvons choisir ce qui nous plait dans certaines civilisations et laisser ce qui nous déplait. Tout comme je m’attends à ce que les occidentaux descendent de leur piédestal et copie sur les africains leur modèles de relations sociales. La manière donc nous traitons les personnes âgées par exemple devrait faire école en occident. Surtout quand on sait qu’en 2003, ces personnes parmi les plus vulnérables de la société ont été abandonné en France durant la canicule ce qui ont peut le parier ne serait jamais arrivé au Cameroun. Si l’opinion de la majorité doit compter, pourquoi ne pas suivre la majorité des camerounais qui ont affirmé à grands cris qu’ils ne veulent pas de ces pratiques chez eux? Pourquoi suivre Desmond Tutu et pas Christian Tumi qui a dénoncé la pratique? Les pays que vous citez ont fait leur choix. Moi contrairement à vous, je le respecte. Pourquoi ne respecterez vous pas celui de l’immense majorité des camerounais? Qui est mieux placé qu’eux pour dire ce qu’ils veulent? Cette pratique peut être vertueuse pour certains, mais les camerounais n’en veulent pas. Je vous mets au défi de conduire un sondage qui prouve le contraire.

    • jenesuispasfolle janvier 30, 2011 à 10:46 #

      Voilà une réponse qui a le mérite d’être claire. je ne la commente pas et je me contente de la publier.

  6. sismondi novembre 6, 2011 à 3:03 #

    Dans un entretien le mercredi 02 novembre 2011 l’homosexuel Robert Badinter sur RFI affirme qu’il viendra au Cameroun pour défendre l’homosexualité. La jeunesse Camerounaise réunie au sein du Rassemblement de la jeunesse Camerounaise l’attend de pied ferme. On va en finir avec cette criminalité une fois pour toute en faisant un exemple. Nous l’attendons. On va savoir si aujourd’hui des connards comme ça peuvent encore espérer imposer leurs excroissances culturelles à tout le monde. Nous l’attendons.
    Car il faut le dire, dans l’optique de maintenir le débat sur cette perversité occidentale, Juan Gomez a remis le débat sur les antennes de la Pravda du Quai d’Orsay cette semaine.

    Par Olivier Rogez

    80 pays dans le monde, dont une trentaine en Afrique, pénalisent l’homosexualité. C’est un crime dans un pays comme le Cameroun où trois homosexuels sont actuellement en prison en attente de jugement. Rares sont les défenseurs de la cause homosexuelle qui osent s’exprimer en Afrique. Aussi, Robert Badinter, ancien Président du Conseil constitutionnel et ancien Garde des Sceaux a décidé de leur apporter son soutien. C’est lui qui a œuvré en France pour la dépénalisation de l’homosexualité.
    RFI : Trois homosexuels sont actuellement détenus dans les prisons camerounaises en attente de leur jugement. Peu de voix en Afrique, hormis celle de l’avocate Alice N’kom, ont pris leur défense. Pourquoi avez-vous choisi de défendre cette cause ?
    Robert Badinter : Depuis très longtemps, et je salue l’action poursuivie par Alice, comme elle, je m’oppose avec la dernière énergie à la répression de l’homosexualité entre adultes consentants. Chacun est libre de disposer de son corps. Cela relève de la liberté humaine, cela relève de l’intimité, et de la vie privée. Par conséquent, rien n’autorise une justice quelconque à frapper de sanctions un comportement sexuel librement consenti entre adultes. C’est en soi, une violation de la liberté et de la dignité d’un être humain. Donc je ne cesserai jamais de le combattre. J’ajoute que, de quelque manière qu’on considère cela, on voit s’exercer dans cette répression – qui revêt dans certains cas la forme véritable d’une persécution – une hantise homophobe, une passion secrète et détestable qui fait qu’on ne supporte pas ceux que l’on considère comme n’ayant pas les mêmes mœurs que vous. C’est tout à fait inacceptable dans une société de libertés.

    RFI : Comment expliquez-vous que la pénalisation de l’homosexualité ne choque pas plus, au Cameroun, mais aussi, de manière générale, en Afrique ?

    Robert Badinter : Je ne suis pas anthropologue, ni ethnologue. Il m’est difficile d’essayer d’analyser ce qui peut être traditionnellement à l’origine d’un pareil comportement et d’une pareille persécution. C’est véritablement aux spécialistes de la culture africaine de se pencher sur cet aspect des choses. Mais pour moi, l’essentiel est ailleurs. Les Africains sont des être humains comme les autres, culturellement ils ont leur culture, leur approche, mais rien n’autorise de franchir au nom de celles-ci, la ligne qui sépare la persécution de la simple indifférence, on n’en demande pas plus ! Les homosexuels ne demandent pas à ce que chacun applaudisse leur comportement, ils ne demandent rien d’autre que la liberté que chacun doit avoir en ce qui concerne ses pratiques les plus intimes. Encore une fois, entre adultes consentants, la disposition de son corps, cela ne regarde personne d’autre qu’eux. Donc il y a là une espèce de tyrannie, qui retrouve sa source dans d’anciens comportements, qui est tout à fait injustifiable.

    RFI : Vous avez, il y a quelques temps, qualifié la pénalisation de l’homosexualité d’outrage absolu. Qu’entendez-vous par là ?

    Robert Badinter : Je veux dire que cela méconnait absolument la liberté et la dignité de l’être humain adulte (…). Quand il s’agit de sanctions qui demeurent symboliques, c’est déjà odieux et insupportable… Mais quand vous voyez inscrit dans les textes des peines dont certaines sont atroces (…), on ne peut pas ne pas être révolté. Et je trouve qu’à cet égard, il règne une résignation suspecte et à mes yeux intolérable. Je ne cesse d’appeler à un mouvement d’opinion profond : on ne doit pas condamner, encore moins à des peines sévères, ceux qui n’ont pas les mêmes comportements que la majorité dans le cadre de la libre disposition de leurs corps par des adultes consentants.

    RFI : C’est un combat qui fait partie intégrante du combat pour les droits humains ?

    Robert Badinter : C’est un des plus importants. Cette persécution est source de malheurs extrêmes. Le délit d’homosexualité, qui à l’époque se traduisait généralement par des peines d’amendes, avant qu’il n’ait été supprimé, entrainait un discrédit considérable. Vous retrouvez là, enracinés, des préjugés, religieux souvent, très lointains et incompatibles avec ce qu’est la philosophie et l’éthique des droits de l’homme.

    RFI : Face au discours ambiant si hostile dans un pays comme le Cameroun mais aussi, d’une façon générale dans beaucoup de pays en Afrique, quel type de discours doit être tenu pour enclencher une prise de conscience ?

    Robert Badinter : Le plus direct et le plus simple du monde : rappeler les évidences. Chacun est libre de son corps, chacun est libre d’en disposer comme il l’entend, nul ne saurait imposer à autrui sa violence sexuelle, mais nul ne saurait dicter à quelqu’un ce qu’il doit avoir comme comportement sexuel. C’est la libre disposition de son corps et l’intimité de la vie privée de chacun. C’est aussi simple que cela. Le mot de liberté retrouve ici toute sa force. C’est simplement l’enracinement dans des préjugés et des enseignements dont le fondement, en effet, s’inscrit généralement dans la tradition religieuse, c’est simplement cela qu’on retrouve à travers ce qui constitue une persécution odieuse d’êtres humains. Chacun sait les conditions de détention qui sont faites aux homosexuels dans certaines prisons : c’est un enfer carcéral qu’on leur réserve ! Et pourquoi, au nom de quoi, parce qu’ils n’ont pas les mêmes affinités sexuelles que les autres ? C’est une discrimination affreuse ! Et d’une violence souvent insupportable. La chasse à l’homo ça existe, la pénalisation de l’homosexualité ça existe, les morts dans les camps de concentration pour homosexualité ça a existé ! Jusqu’au au XIXe siècle en Europe on persécutait violement les homosexuels dans certains Etats !

    RFI : Vous vous êtes battu en France pour obtenir la dépénalisation de l’homosexualité, c’est même grâce à vous que la loi a pu évoluer. Selon vous les préjugés de la société française de l’époque sont-ils les mêmes que ceux que l’on retrouve aujourd’hui dans certaines sociétés africaines ?

    Robert Badinter : Ce qui a changé profondément l’attitude de la communauté hétérosexuelle vis-à-vis des homosexuels, c’est l’épreuve du Sida. La dignité, la solidarité, le courage, dont ont fait preuve les homosexuels au moment où le Sida paraissait leur être principalement sinon exclusivement réservé, cela a beaucoup frappé les imaginations. On avait de l’homosexuel des représentations qui étaient écœurantes, fallacieuses ; d’un seul coup on a vu des êtres humains frappés par le malheur ou la souffrance de leurs proches, leur venant en aide, ne les abandonnant pas, admirablement solidaires, cela a saisi l’opinion publique : à partir de ce moment-là on s’est demandé pourquoi ces femmes et ces hommes sont persécutés parce qu’ils n’ont pas les mêmes comportements sexuels que les nôtres ? C’est absurde ! Ce sont des êtres humains comme nous tous, et par conséquent, pas de discrimination, pas de différenciation ! Ce sont, je l’ai souvent rappelé, nos sœurs, nos frères ! Nous n’avons pas les mêmes mœurs, mais en quoi cela serait de nature à susciter, non seulement la réprobation mais surtout la persécution ! C’est insupportable.

    RFI : Vous parliez de la pandémie du Sida, justement on s’aperçoit que cette persécution dont sont victimes les homosexuels entraîne des effets pervers en matière de lutte contre le Sida, cela la rendant plus difficile encore dans certains pays.

    Robert Badinter : Absolument. Là encore une fois, vous êtes stupéfié, révolté, par l’inhumanité qu’engendrent ces comportements homophobes. C’est véritablement un refus d’humanité. Je ne prends pas cela à la légère. Je vois dans cette forme de persécution les expressions les plus cruelles des comportements tribaux.

    RFI : Est-ce qu’il n’y a pas dans certains systèmes politiques une volonté d’instrumentaliser cette haine contre l’homosexuel afin sans doute de dévier, de dériver le débat politique sur d’autres phénomènes ?

    Robert Badinter : Quand vous refaites l’histoire ou l’anthropologie de l’homophobie, vous la trouvez présente dans des civilisations extrêmement raffinées, évoluées. Je pense au Royaume-Uni au XIXe siècle par exemple (…). On peut avoir une société extrêmement évoluée et une vieille hantise homophobe (…). Ça n’est pas le moindre des aspects des comportements inhumains de certaines sociétés et de certains individus. Les groupes de chasseurs d’homos on les connaît, on les a vus à l’œuvre dans toutes les sociétés. C’est un des aspects noirs de l’espèce humaine ces comportements homophobes, comme toutes les discriminations, toutes les haines raciales ou religieuses (…). Il faut absolument lutter contre, je salue le combat d’Alice.

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